La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA QUESTION SOCIAL DEVANT LES CORPS ÉLUS ,<. .. M.Fontaine lit la 2<' partie d'un article de M. Weiler, paru le 16 septembre 1892 dans la Réfor111seociale ou Bullef111de ln Société d'écono111iseociale et des unions de la paix socialefo11déespar F. le Play. Cet article intitulé : La Conciliation industrielle et la question des meneurs. donne une idée très juste de l'état d'esprit de M. Wei Ier, sans traiter la question des grèves, y touche de très près. Voici en substancela pensée de M. Weiler Les conditions actuelles de l'industrie ont amené avec elles l'impossibilité pour les patrons de connaitre les ouvriers; de là I ésulte la nécessité de former des conseils de conciliation et d'arbitrage où les petits puissent tout au moins, sinon toujours éviter un conflit regrettable. prendre connaissance de leurs situations respectives. Mais quels sont les ouvriers délégués au Conseil par leurs compagnons? ,, N'est-il pas à craindre, si l'élection est entièrement libre, que ce ne soient précisément les pires ouvriers de la fabrique, ces hommes toujours mécontents qu'on voit à la tète de toute manifestation hostile au patron, ces indisciplinés qui ont en vue toute autre chose que la bonne entente et sur lesquels il serait par conséquent plus que naïf de compter pour éloigner les causes de désordre ?" Cest là précisément la désagréable surprise qui nous était d'abord réservée à Mariémont et à Bascoup. Nous y avons vu sortir de l'élection tous ces péroreurs de cabarets, tous ces chefs de ligue; tous ces meneurs en un mot que nous ne connaissions que par les prétentions cxhorbitantes et les exigences ridicules qu'on disait ètre les leurs. Mais, chose étrange, à peine avions-nous pris contact avec ces hommes que nous étions obligés de revenir de nos prév:entions et de reconnaitre chez la plupart de ces terribles adversaires non pas toute, les qualités que l'on voudrait trouver chez eux - car ils ne seraient plus alors des ouvriers, ni mème des patrons, ce seraient des saints à mettre en niche! - non pas toutes les perfections, dis-je, mais une somme d'intelligence et de bonne volonté qui les rendaient les plus aptes à remplir les importantes fonctions qui leur étaient dévolues; c'est que jusqu'alors, j'y insiste, ces qualités étaient restées pour nous complètement dans l'ombre et que nous n'avions vu que leurs seuls défauts examinés au microscope .... D'après M. Weiler, les meneurs sont nécessaires : « Il suffit le plus souvent qu'un ouvrier plus intelligent et sachant mieux parler que ses caniarades aille à leur téte présenter une requête au patron pour qu'aussitàt il soit mis à l'index et accusé d'avoir fomenté un mouvement ...... Et si cette exécution n'a pas lieu immédiutement et avec éclat, elle se fera quand même ! Retournez, en effet, à l'usine ou au charbonnage quelques mois après la reprise du travail et vous verrez si vous y touverez encore beaucoup des chefs que les ouvriers avaient mis à leur tète. Puis l'on s'indignera de ce que ces hommes, toujours exposés

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