La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

66 LA REVUE SOCIALISTE trouve 3:Jjourd'hui partagée la surface de son territoire. L'origine véritable de sa détresse économique et nationale est d:rns le parasitisme industriel et financier d'une argyrocratie qui se compose tout au plus de dix ou douze mille écumeurs publics. C'est sur cette classe parasite si limitée numériquement, si fatalement omnipotente p'.:lrles privil~ges abusifs dont elle s'est emparée, n'ayant d'elle-mème aucune valeur, comparable dans le champ de l'activité productive à l'ivraie qui ne foisonne que pour étouffer toute semence utile; c'est sur cette race perverse, analogue par certains côtés à celle des traitants S'.)US l'ancien régime, mais plus nuisible; c'est sur ces ètres vils qui appartiennent au coq)s social comme la Yermine à celui de l'injividu, parce qu'ils absorbent sa vie; Oibustiers sans hon~ur, sans patrie et sans foi, qui n'ont rien vu dans les malheurs et les angoisses de la nation que les occasions de s'engraisser aux dépens de sa misère; c'est sur les biens de cette tourbe indigne de pitié que la rérnlution prochaine devra frapper sans merci. Nous en rechercherons l~s moyens quand nous reviendrons sur ce sujet. Quant aux mesures à prendre, qui cependant devront faire droit aux besoins du prolétariat agricole, elles nous paraissent encore les mèmes qqi devaient être appliquées pendant l'invasion de 1870, si l'on eùt eu vraiment à cœur, avant tout autre objet, la délivrance du pays. Nous allons les énumérer : 1 ° Abolition pure et si111ple de toute cette catégorie d'impôts indirects qui, sous le nom de Droits réunis, sont spécialement odieux aux pop:.ilations, parce qu'ils sont d'une nature particulièrement vexatoire et inquisitoriale : 2° Réjomie de la législation co11a·em.1ntles baux et jer111ages. - Nomination par les cultivateurs, dans chaque canton, de JURYS AGRICOLES, mi-partie de propriétaires et de fermiers, ayant pour principale attribution d'apprécier les dégradations ou les améliorations que la terre a pu éprouver entre les mains du tenancier pendant le cours de chaque bail; de telle sorte que, dans le premier cas, le propriëtaire reçoive une juste indemnit~. mais aussi que, dans le second, il soit astreint, comme il devrait l'être et comme il ne l'est pas sous le régime capitaliste, à tenir compte au fermier de ses avances pécuniaires et de son travail. Cette loi, qui est de simple équité. plus d'une fois réclamée, mais repoussée inf1exiblement par les assemblées bourgeoises, démontrerait par une preuve de faits au paysan qu'il a enfin trouvé dans la révolution des défenseurs qui s'occupent de ses intérêts autrement qu'en paroles et qui ont la justice dans le cœur avant de l'avoir sur la langue. Elle aurait la valeur d'un symptôme caractéristique; expression d'un esprit nouveau, celui de droiture et d'impartialité, elle serait certainement d'un grand effet moral. 3° Réduction de tous lesprix de fermages pour la durée seulement de la

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