La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTE sont portés les renseignements inscrits sur cette dernière (nom, prénoms, date de naissance, qualification, numéro de la feuille des votants, indication de la section, etc.) Jacques Prolo n'a eu qu'à glisser sous cette enveloppe un bulletin signé en faveur du candidat de son choix et à la fermer. En présence du votant, le président de section introduit l'enveloppe dans une seconde urne. Puis Jacques Prolo, son devoir civique accompli, se retire, le cœur à l'aise, comme dans la chanson. Ici, une objection vient à l'esprit : l'électeur qui dépose un bulletin blanc ou qui vote pour un citoyen non candidat, doit-il lui aussi, comme notre ami Jacques Prolo, qui a voté pour Louis Sincère, remettre au président de section un second bulletin sous enveloppe fermée, bulletin laissé en blanc ou portant un nom quelconque? Comme le vote de l'électeur doit, ainsi qu'aujourd'hui, rester secret jusqu'au jour de la demande d'application du mandat impératif, nous croyons le dép6t de l'enveloppe dans la seconde urne, indispensable à la régularité des opérations électorales. Bien entendu, on accor- ~iera à l'électeur toute latitude de signer ou de ne pas signer son bulletin sous enveloppe, laissé en blanc ou ne portant le nom d'aucun des quatre candidats en présence. Les adversaires du mandat impératif qui, après l'élection, veulent laisser à l'élu la plus grande liberté, et se refusent le droit de lui demander des comptes pendant la durée de la législature, ne seront pas froissés dans leurs préjugés. Aussi bien, après avoir voté pour le can- <.iidat de leur préférence, ils auront la liberté d'introduire dans leur enveloppe un bulletin non signé, et par suite sans valeur, pour l'application du mandat impératif. Enfin, la clôture des opérations électorales est prononcée : Pendant que des scrutateurs dépouillent à la manière habituelle les bulletins de la première urne, d'autres classent, en présence du public, les enveloppes de la seconde. Les deux opérations se contr6lent mutuellement au point de vue du nombre des votants. Q!.1andelles sont achevées, les enveloppes sont enfermees dans une boite scellée par le président de section, toujours en présence des électeurs. Puis cette boite, sous la surveillance des membres du bureau, est portée à la mairie, où sont centralisées celles des autres sections de l'arrondissement. Le juge de paix qui se trouve à la mairie pour les recevoir, les dépose dans un local fermé dont il a la garde. Cette remise est constatée par un procès-verbal. En cas de ballotage, si aucune protestation ne s'élève, dans les délais légaux, contre les opérations électorales du premier tour, les enveloppes relatives à celui-ci seront brûlées en séance publique par la .commission rle recensement, assistée du juge paix de la circonscription.

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