La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

. LA CRÉVE DES J\11:-.JEüRS û6 l Quelles étaient .:es " justes revendications ,,. dont parle Basly dans la note à laquelle il est fait allusion plus haut? La R<:ülte Socialiste les a publiées dans son " Moun~ment social en France et à l'Etranger », n° 100, octobre 1893. Elles avaient tté formulées dans un Congrès des délégués du Syndicat tenu, à Paris, le 10 septembre, toutes les svtion.-;syndicatrs co11sultées. Rappelons-les brièvement : 1° Remise chaque quinzaine d'un double du carnet de paye; 2° AuismentatioP de 10 olo sur les salaires et fixation :1 :; fr. ~o du minimum de la journee, plus la prime de 20 0 10 accordée antérieurement; ;" Plus de renvois d'ouvriers ayant atteint leur quarantième annce; ·l" Suppression des amendes pour charbons malpropres; ~• Q!ic les prix de t:i..:hl!a..:tuels m: soient plus réduits; o• Plus tk renvoi d'ouvril!rs ayant cn..:oLtru une condamnation, dès lïn~- tant que cette condamnation ne résultera pas d'un préjudice causl! :t Li Compagnie. La liste de réclamations fut transmise aux compagnies le I o septembre, a\·ec la demande d'une réponse pour le 14. Le 14 septembre les directions minières avisèrent par lettre, le syndicat, avec une touchante unanimité. qu'elles 11cpou,Jt1ic11fit1irc droit à a1111c1d1ecs rc'vc11diCL1tio11sé11011cùs. Devant cette fin de non-recevoir. les délégués du syndicat. ri>g11lièreJ111m1l1a11datpeasr lei>scctio11s, avec pleins pouvoirs pour voter b grève, en cas de refus par les compagnies d'entrer en pourparlers, décidèrent la cessation du travail pour le lundi 18 septembre. Cette décision fut prise nar 8 1 voix çontre 1 1, sur 92 votants. Elle de\·ait ètre ratifiée par les sections,dans les assemblées générales immédiateconvoquées à œt effet, li est donc inexact de dire que les ouvriers n'ont pas été consultés. D'ailleurs, pour qui connait l'organisation et le fonctionnement du syndicat du Pas-de-Calais, cette affirmation n'a aucune valeur. Les mineurs ont l'habitude de la réunion publique, Depuis quatre ans que leur association existe ils se sont tellement accoutumés à discuter eux-mêmes leurs intérêts et à exprimer, en toute indépendance, leur opinion sur les questions qui leur sont soumises, qu'il est impossible de suspecter la sincérité et la valeur dei votes qu'ils émettent tant à mains levées qu'au scrutin secret. Or, avant et après le Yote de la grève, jamais les délégués du syndcat n'ont pris une décision dans les congrès sans avoir au préalable recueilli l'avis clairement exprimé de leurs sections. Mais il y a, objectera-t-on, les mineurs non-syndiqués qui n'assistent pas aux réunions et dont on en tient pas compte ? Cette objection n'a

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