La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

660 LA REVUE SOCIALISTE A l'appui de cette façon de Yoir, les organes de la bourgeoisie capitaliste ont cité l'intervention d'un certain nombre de députés socialistes dans la grève et les manifestations plus ou moins bruyantes des mineurs, conspuant régulièrement, à l'issue de leurs réunions, lè président du Conseil des Ministres, M. Dupuy, et acclamant la,, Ré\'olution ::-ocialc,,. On ajoutait que la grève avait été décidée en Congrès. par les ddégués du Syndicat, sans que les 011rriel's e11ssent été colls1tltl'> par (/llC/1Ill' rsp,\·e de l'f'fel'enrlum. Donc - c'est là la conclusion logique de ces constatations - 1 o la grève avait été résolue en dehors de tout avis des mineurs. p:u les chefs des sections syndicales; 2° elle devait avoir surtout pour but de saYir des intérèts politiques: 3° les rcn::ndications forrnulé1.::spar le Syndicat n'étaient que pour saun.!r les apparences et leurrer les ouniers. Ceux-..:i d'ailleurs, disait-on, n'ont obéi qu'à contre cœur, par discipline, par un excès de confiance dans la parole et la sincérité de leur::- chefs. li importe de mettre fin à cette légende bàtie de toutes pieces, dans un intérêt facile à devinèr, p1r les amis des Compagnies houilkres. Nous allons donc ramener les choses au point, et démontrer que la gre\'e de 1 893, comme celles de 1891 et 1889, a bien été la conséquènce d'un diffàend professionnel et non, comme certains le prétendent, le résultat d'une campagne menée de longue main par les chefs de l'association syndicale au profit d'un parti politique a,·ide Li'ag1tation et de réclame. Mais avant d'entrer dans l'exposé des faits, et afin de répondre tout de suite à l'argument principal im·oqué par les adYersaires de b µ-r1.;,·e.nous tenons a rappeler qu'aucun député socialiste. sauf Ba::,;lyet Lamendin : le premier, président; le second. secrétaire-général du synJicat, n'a pris part aux délibérations qui ont précédé la cessation du tr~\'ai!. et que Baudin, le député socialiste du Cher est ,·enu. 1wII1· lrt J)l'('/JIIÎ.'l'f' [<Jis, dans le Pas-de-Calais. ap:)elé par Basly, le 1el' octobre. c'est-à-dire q11r1lol'::fj'ours après la déclaration de la grèYe. Cette absence de députés socialistes à l 'o:-i6 ine du conflit, indiquL n..:ttemcnt qu~ ·la politique n'.~tait pour rien dans les décision!> pri.;l.'s p::-r les c0ngrè.;; des ddégué.s. Basly avait d'ailleurs pris soin d~ d~cb;·~r par une n.:>terendue publique, dans laquèlle il parlait tant en rnn n<m L{u·aunom de Lamendin et du citoyen Evrard, secrétaire-général-adjoint du S:·ndicat, que son app~l aux députés socialist~s était motiYé par Je déploiement de troupes fait p:ir le gouvernement dans un but de pro-_ Yocation évident, et par la résistance des Compagnies au.r- justes /'l'/'r'n dirc:tions des gdristcs. 1' Les directions minières venaient en effet de faire connaitre qu'elles refusaient d'adhérer à la proposition d'arbitrage lancée par les juges de p:ti~: rt acc"pt/e "Il ,,,·inciJJl' jJ'U' le syndicat.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==