632 LA REVUE SOCIALISTE voir dcs~e:1tlre àu-dessous de six mois en ligne directe et de trois mois en ligne collat:rale. L1 sédu;tion, avec promes~e de mariage, entraînerait une pénalité de trois mois à deux ans de prison: et, en outre, qu'il y ait eu ou non grossesse, ouvrirait un droit à des dommages-intérêts. L'infanticide pourrait ètre déclaré excusable s'il y a eu contrainte morale, d, en tous cas, ne constituerait plus qu'un simple délit entrainant une peine tle cinq ans au plus; le séducteur, qui, par s0!1 abandon, en aurait été la cause, serait, de son côté, puni d'une peine égale à la moitié de celle impliquée à la coup:i bJe principale. Comme mesures complémentaires, M. de la Grasserie renouvelle l'ancienne pre~.:ription du Droit ancien enjoignant à la fille-mère lé:.déclaration de la grossesse dans les six premiers mois au maire de la commune avec indication du nom du père auquel elle attribue l'enfant dont elle est grosse. Ql1ant à l'enfant qui n'aurait été reconnu ni par son père ni par sa mère, il resterait à l:i charge de la commune, qui aurait le droit d'exercer l'action en r.echerche de la paternité. Tel est, tout à fait grosso modo, l'ensemble des dispositions nouvelles préconisées p:ir notre auteur. On comprend, du reste, qu'elles soulèveront de très grosses objections; mai 5 cela nous entraînerait trop loin de vouloir, même simplement, les énoncer ici et ce n'est pas le lieu de le faire. Il n'en reste pas moins que l'œuvrc de M. de la Grasserie est des plus intéressantes, et qu'elle sera utilement consultée par les penseurs, les économistes, les écrivain·s socialistes, et tous ceux enfin qui, de près ou de loin, s'occupent de philosophie, de morale ou de droit. La science complète du droit, le soin des recherches historiques, la har- ,liesse même de certaines propositions nouvelles méritent qu'on s'arrête à un travail aussi fouillé et aussi consciencieux. Ajoutons en terminant qu'il arrive à son heure; et qu'il est une preuve symptomatique que des réformes importantes sur ces points qui intéressent à un si haut degré notre état social sont maintenant absolument urgentes. li prouve que ces questions ne sont plus de pur dillettantisme de salon, ~te pure littérature, qu'elles entrent maintenant dans le domaine scientifique et jmidique, et seront bientôt de b politique pratique. Elles prennent un corps tout à fait sérieux et, à une époque aussi tourmentée que la nôtre, 01.1tous les grand problèmes politiques et sociaux sem bien t vouloir sortir de l'état embryonnaire pour antrer dans la période des faits, il va bien falloir s'en occuper et les aborder de front, un jour ou l'autre plus près peut-être encore qu'on ne le croit, A ce moment le travail de M. de la Grasserie sera très utilement consulté et fournir:i des matériaux importants pour une solution. G. BoGELOT, avocat à la Cour d'Appel.
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