La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

MOUVEME~T SOCIAL forme actuelle - voit grandir tous les jours le nombre de ses adhérents. Le rapport du Comité central constate que les 294 sociétés affiliées ont un effectif total de 107,830 membres (ce qui équivaut, étant donné la population de l'Italie, à environ 20,000 affiliés dans un pays comme b Belgique). ,< Les gros bataillons de cette armée se recrutent dans le Milanais (2:;,756 m.); dans !'Emilie (9,714 m.) et en Sicile (65,932 m.). " En Sicile, le mouvement socialiste date d'hier. Il s'est dé\·eloppé ayec une rapidité qui fait songer à la formation des ligues ouHières belges. après les événements de mars 1886. Jusqu'à présent. les paysans siliciens étaient restés complètement en dehors de toutes préoccupations socialistes. Brusquement, en moins d'une année, tout ce prolétariat s'est organisé; mais il va sans dire que ces nouveaux adhérents ne sont pas arrivés à la pleine et entière conscience d~ l'idéal socialist~. La plupart accep\ent le nouvel évangile, comme ces païens qui se faisaient baptiser, mais qui continuaient à porter des guirlandes de fleurs sur les autels de Freia. Dans telle société, les membres sont obligés d'assister, d'une part aux réunions socialistes, d'autre part à la fête annuelle de la Madone. On nous citait même un groupe - le Cercle de la reine Marguerite - qui accepte à la foi,; le principe de la lutte des classes et le patronage du roi d'Italie! " L'évolution socialiste est beaucoup plus avancée en Emilie et dans les Romagnes. Cependant bien que que le Parti ouvrier soit dès à présent distinct des partis bourgeois, plus ou moins réYolutionnaires, la ligne de démarcation n'y a pas encore toute la netteté désirable. Il nous serait bien difficile, nous disait Andrea Costa, de rompre aYec des républicains qui s'intitulent collectivistes, ou de déclarer la guerre à des anarchistes, avec qui nous sommes en désaccord sur la question de l'action politique, mais qui nous secondent fraternellement dans d'autres circonstances. " Ces affinités entre républicains, socialistes. ana.1chistes ne se retrouvent plus du tout dans ie Nord de l'Italie où l'organi,;ation du PartiouHier et sa tactique ressemblent beaucoup à la nôtre. Nos excellents 2.mi,, Turati, Anna Koulischo!l, d"at!tres encore ont fait prévaloir dep;_iis longtemps cette idée que les compromissions ou les alliances aYec d'autres groupes, sont toujours plus nuisibles qu'utiles au Socialisme. " La grosse question du présent Congrès était précisément de saYoir si c~tte opinion serait adopté par tous les groupes du Parti ouvrier italien. ,< Tout le monde - à part des exceptions négligeables - s'est trouvé d'accord pour se prononcer, en principe, contre les alliances et les compromissions. ,, Mais, certains délégués des campagnes ont fait remarquer que, p~:..,rles p1ysans, radicaux, démocrates,socialistes, représentent avant tout la prntestation du prolétariat contre l'ordre social actuel. Rompre ave: ks autres nuances de la démocratie pourrait, dans certains cas, fairè plus de mal que de bien au Parti ouvrier. On proposait donc, tout tn maintenant le principe, de tolérer, a titre d'exception, des alliances qui ne sacrifieraient en rien le programme et l'indépendance du Parti. cc c~tt-= opinion a prévalu par 103 voix contre 64. Tous les groupes imp~rtants qui représentaient les ouvriers industriels se sont prononcés contre. C'est uniquement dans les centres agricoles qu'il a panr nécese1Î,è de tempJriser quelque temps encore. Partout ailleurs on est abso-

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