La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

602 LA RE\'UE SOCIALISTE en gr~v;: ~i;::ëilbné111ent d::ms toutes les exploitations houillères du Pas-de-Calais. Le motif majeur de cette décision ét:iit que l'engagement conclu à Arr:i.s le ;o novernbrè 1891 n'était plus tenu par les patrons, de plus, les ouvrier)'appr.::,ch::rntJe l':lge où ils auraient droit à la retraite étaient congédiés sous le plus faibk 1~rdc:xte. Lessalaires étaientfraucluleusement réduits; les travailleurs ayant usé leu.1s forces au service des Comp::ignies étaient jetés sur le pavé. Notre gràe, commencée le 18 septembre, achève maintenant sa septième -.,emaine. Il n·a dé tenu nul compte de nos justes réclam::itions. Les comp:ignies y ont, d'un co:nrnun accord, répondu par une déd:iigneuse fin de non recevoir et elles ont eu recours envers nous aux m:inœuvres les plus odieuses et déloyales, aux provo.:ations les plus injustifiables. Les gouvernants actuellement il la têL: de la République ont tout d'::ibord épousé leur cause, mis à leur service b gendarmerie, l'armée les tribunaux. Depuis sept semaines, not1"! région est en état de siège: il n'y :i plus à notre égard ni loi, ni droit. Nous vivons sous un régime de peu11le conquis. Les routes nationales nous sont interdites; nos domiciles sont violés; on nous poLtr-, chasse :t coup de lance et à coups de sabre. Sur désignation d\m directeur de b mine ou de l'un de ses sub:ilternes, on nous empoigne, on nous enchaine, on nous traîne en prison. Nos femmes, no~ mères 11esont pas plus épargnées. C'est par dizaines que l'on compte les arrestations de ch::iquc: jour. Et voi!J que, n'ayant pas, malgré toutes ses horreurs ... réussi à nous terroriser on nous assassine à coups de revolver, en attendant que l'on use des fusillades. Nous avons, sept semaines durant, fait appel /1 l'opinion publique, :i. b France. Des députés socialistes sont venus nous soutenir, nous encourager. lis ont raconté dans l::.L Presse l'oppression que nousendurons et notre lutte. Leur voix pas mieux que b nôtre, n'a été entendue. Il semble pourtant qu'aujourd'hui l'on s'émeuve, nuis c'est trop tard: nous so:11mes 1l bout de forces, à bout de misères: i1 nous faut courber la tète, a vouer que nous sommes vaincus, subir sans conditions le despotisme du capital, enf~r111erdans nos cœurs l'espoir d'une prochaine revanche. Mais b démonstration est faite une fois de plus que le travaillleur n'::i nulle ::im~lioration de son sortit espérer, nulle équité à attendre que d'une révolution sxiale. Celà, nous ne l'oublierons p:i.s, et, avant de retourner à notre dur et sombre l::lbeur, nous remercions les or:iteurs socialistes qui, avec nous, ont fr::iternisé, les j_ournaux qui nous ont soutenlls et en particulier notre organe Li: R,:wil du Nord et la Petit.: R,:pubhquc Fra11çaise, qui jusqu'au bout ont lutté pour le triomphe de notre cause. En conséquence l:é!Congrès se prononce aujoLird'hui quatre novembre pour 1:1 reprise générale du travail. Le Co11grèsNational dtt" Parti 011'1:rùr ''· - 105 villes et 419 syndicats ou groupes étaient représentés par environ 90 délégués, dont voici les principanx : Arricot, Bailleul, Bocq, Boucherat, Boutaret, Barriéraud, Erunel1ière, Bataille, füssi~res, Bonnier, Boisseau, Cornailles, Cousin, Cor-

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