La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTE sico-chimiques : ces forces, si variées en apparence, ne sont plus pour la science contemporaine que des modalités du mouvement. Le mouvement, voilà le terme ultime auquel aboutissent nos généralisations scientifiques les plus hardies. C'est bien là le caractère commun à tout ce qui existe, la preuve de l'unité réelle du monde sous le tableau changeant des apparences : cette haute généralisation confirme auss la doctrine de la nature limitée de notre faculté de connaitre; nous plongeons, en effet, par nos sens dans un monde illusoire, plein de fantasmagories, et cependant toutes nos perceptions et sensations se réduisent à des mouvements ou vibratiuns internes provoquées en nous par l'incidence de ces mouvements ou vibrations externes que nous appelons dans le langage ordinaire: chaleur, lumière, électricité, etc. Mais on peut atteindre encore à une généralisation plus haute, si le mouvement est le fait d'observation le plus simple qu'.il nous soit permis d'atteindre, c'est-à-dire la première différenciation des choses sortant de l'inconnaissable, il est possible de rechercher quelles sont les conditions indispensables à l'existence même du mouvement. Or, nous savons, d'après le premier volume du Dr Pioger (co11ccptioncxpéri111cntaledu 111011pdlei_vsiq11e), que cette condition c'est l'équilibration. On ne peut concevoir le mouvement que sous la forme d'un couple équilibré, c'està-dire d'un système dynamique composé de deux éléments en rotation autour de leur centre de gravité. L'équilibration est donc la cause primordiale de tout. Or n'est-ce pas là tout simplen1ent une forme de la solidanN ou wlidnris111e. L'existence individuelle isolée est inconcevable, puisque mème dès le premier linéament des choses hors du néant, on ne peut rien saisir ni concevoir qui ne soit assujetti à la loi de solidarité. A mesure qu'augmente la complexité des choses. on voit augmenter du même pas le degré de solidarité réciproque entre les parties. Le monde biologique et le monde mental nous ont offert des exemples de cette solidarisation croissante corrélative à la complexité et à la perfection croissante des organismes. De même que nous ne pouvons pas comprendre l'existence d'une seule molécule physique sans une dépendance de tout ce qui l'entoure, ainsi nous ne saurions concevoir que notre corps demeure indépendant, indifférent au milieu du monde objectif ou extérieur : par conséquent, la vie ne peut se conr.evoir que comme la résultante de l'adaptation, c'est-à-dire de l'équilibration constante de notre organisme à ses conditions de vie. Or cette adaptation, continuelle qui constitue la conditio11de vie, nous représente précisément ce que l'auteur appelle la loi de vie ou loi d'orga11isntio11, dont la conception et l'application permet de comprendre l'évolution organique toute entière, depuis la genèse de la matière organisée ou vivante aux dépens d'une transform:ttion graduelle de la matière organique (non vivante), grâce à la formation d'une at111ospbèrcorga11iq11c, dans laquelle la matière vivante prend naissance à la façon des précipités

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