LA REVUE SOCIALISTE qu'on p~ut lui faire endurer. Le plus sùr moyen pour eux d'être éclairés sur ces divers points sera d'avoir été soumis aux mèmes obligations que les autres citoyens, d'avoir accompli le même service, d'avoir participé aux mêmes manœuvres. Chacun ayant ainsi passé par de semblables épreuves, nous verrons dès lors cesser cette anomalie singulière gràce à laquelle tout le monde est appelé à servir comme simple soldat, s:iuf un certain nombre d'officiers. Les cadres de l'état-major devront Jonc ètre recrutés parmi les Jeunes gens qui, successivement reconnus. aptes à être sous-officiers puis otliciers, auront fait preuve du diveloppement intellectuel et de la ro·rce morale exigés par l'emploi qu'on va leur confier. Maintenus dans la troupe comme lieutenants deux années encore, en changeant toutefois d'arme, ils se prépareraient à leurs fonctions en participant à la préparation des manœuvres de l'unité à laquelle ils seraient attachés et se verraient conférer définitivement le brevet d'état major avec le grade de capitaine. A l'Etat-major doit incomber également le choix des méthodes d'instruction pour les troupes; ses cadres, dont l'existence entière (1) sera consacrée à la carrière des armes, connaîtront seuls avec la variété des problèmes à résoudre les difTérentes solutions qu'ils comportènt chez les nations étrangères; le soin de diriger l'éducation guerrière de la jeunesse en vue de lui faire acquérir sur les champs de bataille la supériorité désirée sera donc une de leurs attributions les plus essentielles. Ils élaboreront en conséquence les règlements et les programmes d'instruction et devront veiller à leur mise en pratique. Comme il est indispensable que leur effectif de guerre soit toujours au complet et que d'autre part les besoins du temps de paix seraient insuffisants à les occuper tous. il sera ais~ de les employer pendant la moitié de leur car, rière au sein des unités actives dont ils dirigeront l'instruction par le commandement et par l'exemple. Si le nombre des unités actives de la force d'une compagnie est par exemple lixé à 1 500 et le nombre des capitaines d'état major à I ooo, 500 d'entre eux seront appelés à prendre I le commandement d'une de ces unités, le reste, soit 1000 compagnies sera confié à des offiriers accomplissant un stage d'une année, ce qui exigera 10.000 officiers de résen·e se prononçant pour un stage d'une égale durée, nombre qui n'a rien d'éxagàé si on le rapproche du total actuel des officiers de réserve et de territoriale. La proportion du tiers des troupes actives demeurant sous les ordres d'officiers de profession n'aurait certainement rien d'inquiétant pour la sécurité intérieure. Les emplois de chef de bataillon dans les troupes formées en régiments (1) En Suisse les officiers d'état-major ne passent pas toute leur existence dans l'activité. Mais il faut considérer que la faible <'tendue et la nature du territoire a <lcfcndre font que chaque partie n'exige que peu de temps pour être bien connue. Au. contraire, la connaissance completc des frontieres de la France demande a elle seule un temps considerable. En outre, la disproportion des masses à mouvoir est assez; grande pour que notre proposition n ·ait pas lieu de paraitre exagérée.
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