REVUE DES LIVRES 5 1 1 noblesse héréditaire. Je n'apprends rien à l'éminent mais pas imbécile Augustin Thierry de l'Aube révolutionnaire, en lui disant que. historiquement, la richesse a presque toujours été héréditaire et que. pour une fois, son style de méticuleuse exactitude se trouve en défaut. La révolution de 89 a détruit la noblesse héréditaire, mais ne lui a pas substitué la richesse héréditaire qui existait. Elle ne l'a pas détruite et c'est pour cela qu'elle a eté incompléte et demande un complément. Ceci serait plus exact: La révolution bourgeoise de 89 n'a détruit la noblesse héréditaire que pour mieux s'assurer la richesse héréditaire. Ensuite, et sur ce point je désire insister un peu, Tabarant nous donne le communisme comme la formule de réalisation sociale du socialisme, - et définit le collectivisme ,< communisme de transition "· Soit. Mais je n'admets pas sa devise du communisme : " De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins. >' Je n'ignore pas qu'elle est classique et que Louis Blanc l'avait rendue célébre en 48. Mais je la trouve réactionnaire, partiale et arbitraire, parce que dans sa première partie elle refuse " le droit à la paresse », et suppose une réglementation des occupations de chacun, - et dans sa deuxième elle semble rationner la portion des jouissances individuelles et interdire le sup~rflu. Le communisme libertaire dont rêve Tabarant doit ètre autrement défini. Avec la formule classique reprise par Tabarant, après un examen insuffisant, le communisme apparait comme moins libéral, moins large que le collectivisme. Ce commnnisme-là serait au contraire un recul sur le collectivisme, dont la devise, selon Tabarant est : ,, Achacun selon ses œuvres. » Cette définition du collectivisme est incomplète et un peu vague, c'est-à-dire insuffisamment exacte, car le collectivisme ,, communisme de transition >' étant, de par les lois de l'évolution, économiquement obligé de diviser entre les membres valides de la collectivité la somme d'heures de travail nécessaire à la production, la mesure des droits à la consommation individuelle serait non pas les œuHes de chacun. mais le temps de travail fourni par chacun; - ce qui est plus égalitaire que la formule ,< à chacun selon ses besoins >', car ainsi, - dans ce régime provisoirement nécessaire dè réglementation. - les plus forts ne bénéficieront pas de leur surplus de force ou d'appétit égoïste. et les plus faibles ne souffriront pas de teur faiblesse de constitution ou de caractère, puisqu'encore une fois la commune mesure du tra\'ail et de la consommation pour les valides, sera non pas le degré de la force ou du besoin, mais le temps de travail. - Ne vaudrait-il donc pas mieux définir ainsi le collectivisml! : " De chacun selon les nécessités de la production, à chacun selon son temps de travail. » Qµant à l'idéal, très idéal communisme de Tabarant. \'Oici plutôt quelle serait sa devise, inspirée de celle del' Abbaye de Thélème: ,< De chacun et à chacun sa volonté. >~ Le cinquième et dernier entretien sur l'Action socialiste affirme scientifiquement que la Révolution n'est que le constat de l'b·olution ; - reprend pour le Peuple le mot de Sieyès sur le Tiers-Etat, - et renferme une belle page brossee à la Tacite sur la coalition des efforts réactionnaires et des résistances capitalistes, que devra bris~r la coalition d~s forces prolétariennes du Socialisme. A. YEBER.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==