La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

MOUVEMENT SOCIAL <95 Loin de s'imposer des sacrifices, elles s'approprient impunément l'épargne de leurs ouvriers. Au lieu de respecter la convention sortie de l'arbitrage de novembre 1891, elles ont recours à toutes sortes de tricheries pour la fausser dans l'application. Le président du syndicat des mineurs du Pas-de-Calais, BASLY. Le secrétaire général, LAMENDIN.., Le secrétaire général adjoint, EVRARD. Les juges de paix ont vainement offert l'arbitrage. Leur proposition eut le même succês que le sonnet d'Oronte. Et la grève continue entourée de toutes sortes de sympathies, et soutenue par les députés socialistes. Sur la grève se sont greffés divers incidents, entre autres : 1 ° Un manifeste adressé aux mineurs de cette compagnie d' Anzin, où le (<denier» qui valait, en 1857, de 375 à 400 francs, représente actuellement, le taux moyen de l'intérêt étant de 3 o/o, un capital de huit cent mille francs. (Autrement dit, sept générations d'ouvriers mineurs ont élevé de un franc à deux mille francs le capital de leurs maîtres.) MANIFESTE AUX MINEURS o' ANZIN <c En 1884, vous avez pendant cinquante-six jours tenu tête à la richi.;sime Compagnie d' Amin; les provocations, les poursuite5. les arrestations arbitraires, le renvoi d"un millier de vos camarades, l'emprisonnement de vos camarades, l'armée à la disposition de vos maitres et commandée par eux, ont dominé souvent vos justes revendications, « Depuis cette époque-là, afin de mieux vous pressurer, la Compagnie n'a recruté son personnel que parmi les fils de ceux qu'elle croit à jamais découragés, de ceux qu'elle compte tenir éternellement sous sa dépendance ; dans toute l'étendue de sa concession, elle a crée des économats; devenue votre épicier, votre boulanger, votre marchand àe vêtement~, elle peut vous supprimer tout crédit du jour au lendemain si vous cessez le travail et tous les moyens sont employés pour vous tenir à l'écprt du mouvement social qui entraine la France et l'Europe cuvrière. et qui, prochainement, aura raison de l'oppression capitaliste dans le monde ci vihsé. « Chaque fois qu'une grève éclate sur quelque point de notre bissin houiller, vos ing·énieurs se font affables et vous promettent, si Yous continuez à abattre le charbon, autant et même davantage que ce qu'auront obtenu les grévi~tes; déjà les prix de taille viennent d'être r<:haussés; on se garde bien de vous avertir que si vos frères étaient vaincus, vous subiriez la même réduction de salaires. << Quoi que l'on vous défende, ayez devant les yeux que c'est pour le droit à la vie que les mineurs d'Angleterre et de Belgique, du Pas-deCalais et du Nord luttent en ce moment, leur intérêt est le vôtre. et vous partagerez avec eux les fruits du succès.

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