494 LA REVUE SOCIALISTE Les mineurs réclament contre cette prétention, parce que, trop fréquemment, des hommes sont mis à la porte après avoir, durant de longues années, subi la retenue obligatoire de 3 o/o sur leur salaire, retenue faite et consentie en vue d'une pension de retraite. En conservant l'argent et mettant les ayants-droit sur le payé sans ressources, les compagnies commettent à la fois un acte de cruauté et une filouterie. D'ailleurs, elles en ont fait l'aveu tout récemment devant la commission sénatoriale chargée d'étudier la question des caisses de retraites des mineurs. Les ingénieurs entendus ont reconnu que 18 o/o seulement des ouniers étaient pensionnés. Les règlements édictés par les compagnies minières n'accordent la retraite que si l'on est jugé incapable de tout travail par le médecin de la direction. Or, passé quarante ans, un homme, même valide, ne trouve que difficilement à s'embaucher, à plus forte raison, un ouvrier mineur, qui toujours est atteint de quelqu'une des infirmités spéciales à son métier. Les ou,-riers congédîés pour avoir encouru une condamnation perdent aussi leurs droits à la retraite. Les mineurs estiment que ce n'est pas parce qu'un homme aurait commis une action répréhensible que ses patrons sont autorisés à commettre un vol à son égard. AMENDES Les bouilleurs ont demandé la suppression des amendes parce qu'elles sont arbitrairement infligées et presque toujours aux mêmes: c'est comme au régiment, où le sergent exerce sa sévérité surtout sur le soldat qui a la malchance de lui déplaire. On peut citer des cas où l'amende s'est élevée jusqu'à l'équiYalence d'une journée de travail. Si \'ouvrier ne s'incline pas, l'amende est remplacée par le renvo1. RÉDUCTION DES PRIX DE TACHE La protestation des mineurs est ici justifiée par ce fait abusif que chaque fois que le gain d'un ouvrier dépasse, ne fùt-ce que de quelques centimes, la moyenne qu'il plait à la compagnie d'établir, on lui réduit le prix d'abattage de telle sorte que pour atteindre cette moyenne, il lui faudra faire des heures supplémentaires. OUVRll:RS,.DU JOUR Les compagnies disent o.ue les salaires qu'elles paient à cette catégorie d'ouvrÏLrs sont égaux a ceux que gJgnenT les hommes de leur profession dans les entreprises autres que la mine. Pour réduire à sa juste valeur cette affirmation il nous suffit de prendre les chiftres publiés par M. Vui!lernin en 1891, et d'après lesquels le salair.:! moyen des 0?1vriers du jour n'est que de:! fr . .38. L'augmentation de 10 o/o récldméc pour eux par le syndi.:at est assurément très modeste. En somme, des di, erses alléiations opposées par les Compagnies minières du Pas-de-Cab:s, pas une n'est exacte. Leu1s actionnaires, e11 demeurant oisifs, voient leur capital s'accroitre et re(;oi,·ent des d1videndes que nulle autre industrie ne peut donner.
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