492 LA REVUE SOCiALISTE secret, par 81 oui contre 1 1 non, et chargé les citoyens Basly, Lamendin et Evrard de rédiger une réponse aux compagnies: RÉPONSE DU SYNDICAT AUX COMPAGNIES CONCESSIONNAIRES Aux réclamations que le syndicat des mineurs a été chargé de formuler, tous les directeurs des exploitations houillères ont répondu par une fin de non recevoir absolue. Nul d'entre eux n'a proposé la moindre concession. Cette unanimité démontre qu'ils désirent, qu'ils veulent la grève. Tous allèguent que la situation commerciale présente leur est désastreuse .. qu'ils s'imposent de lourds sacrifices et qu'ils respectent scrupuleusement, pour les salaires, la convention de novembre 1891. Les ouvriers mineurs affirment au contraire que la baisse momentanée du prix du charbon n'a pas porté préjudice aux compagnies, qu'elles continuent de réaliser ctes bénéfices considérables et que la convention de 1891 n'est plus observée par elles. La démonstration est facile. DOUBLE CARNET DE PAiE Les ouniers demandent qu'un double carnet, portant le décompte de leur quinzaine, leur soit remis. De cette façon seulement, il sera possible au syndicat d'établir la moyenne réelle des salaires. Nous ne nous en rapportons pas, et pour cause, aux chifTres fournis par les statistiques des employeurs. Le refus de nous donner satisfaction sur ce point .est la preuve concluante que l'on a intérèt à cacher la Yérité. AUGMENTATION DE SALAIRE Selon lïnvariable couttlme, on argue que le marché charbonnier tra\·erse une période de crise: on invoque la concurrence étrangère et la concurrence locale; on déclare que faire droit aux demandes des bouilleurs serait courir à la ruine. En admettant que ces lamentations fussent exactes - et elles ne le sont pas ou sont du moins absurdement exagérées - est-ce que les bouilleurs peuvent être rendus responsables de la guerre déloyale que se font entre eux les concessionnaires de mines? Est-il juste de récupérer sur leur salaire les différences de profit des spéculateurs? De l'ayeu de M. Vuillemin, ingénieur et chiffreur dont la compétence est reconnue, c'est dans notre région que la production annuelle par ouvrier est le plus élevée; c'est aussi chez nous, après Commentry, que le prix de revient et de main d'œuvre est le plus bas : il est de 5 fr. 6; par tonne extraite. En 1860, il était de 6 fr. 05, soit une réduction de 43 centimes. D'autre part, la production par ouvrier a été augmentée. Avec le même personnel, les compagnies du Pas-de-Calais ont, en 1892, produit 1,203,493 tonnes de plus que l'année 1891. Le premier semestre de cette année accuse une nouvelle augmentation de 22,000 tonnes, quoique les bouilleurs aient chômé deux et trois jours par quinzaine. Le rendement et conséquemment le profit, par homme, s'est donc accru dans des proportions énormes. Les ouvriers, loin d'y participer, se voient rogner leur paye.
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