La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTE crise révolqtionnaire aiguë, à une tOL!rmentè qui balaiern comme un fétu de paille, les barrières étroites opposées à la marée montante du socialisme. - ou bien. au contraire, les gouvernants reculeront à l'idée de provoquer un mouvement dont les conséquences restent imprévisibles pour eux. et alors, c'est le "socialisme d ·État>', comme dit M. Fouge rousse qui. progressivement. imposera ses solutions aux anti-socialistes les plus réfractaires. Dans les deux hypothèses, et M. Fougerousse n·est pas suspect de vouloir assombriï le tableau, le socialisme a pour lui l'avenir ... " * * Ce n'est d'ailleurs point seulement à la Chambre que le socialisme pr0gresse. On peut dire que. graduellement. il en\'ahit tous les milieux. Le monde philosophique lui-mème, chez lequel k oractère. à raison des situations officielles occupées par ses membres, n'est pas toujours a la hauteur des hardiesses de la pensée, le monde philosophique luimême est hanté par le spectre des antinomies sociales existantes, et ses préoccupations commencent à se faire jour jusque dans la Re.me pbilosnpbiq11e. Je n·cn veux pour preu\·c que la lettre publiée dans un des dern:-:rs numéros de ce recueil. sous le titre : Science et socialisme. Cette lettre, d'un intérêt tr~s grand, ,'\1. Sorel, son auteur, l'a ecrite. à propos d'un compte rendu sur le Socialis111aellema11d, ouvrage de M. Bourdeau, très partial et tres incomplet. M. Sorel écrit: (< J'admets parfaitement qu'on ait peu de goût pour Marx et ses amis. peu de sympathie pour des gens aussi peu sympathiques que Bebel et Singer; m:iis il ne s·agit pas id d'apprécier des hommes, il n·est question que de doctrines. Les philosophes détestent les socialistes. ils n'en p:irlent qu'avec une mall\·aise humeur dissimulée. LcJphilosophie contemporaine bataille contre des chimères et va vers l'empyrée.Lanou- ,·elle métaphysique réelle de Marx triomphera des réfutations subtiles qu'on lui oppose, si les détenteurs des chaires officielles ne parviennent point à produire autre chose que des rêves idéalistes et se montrent in.::apables de résoudre les problemes modernes. <( h. Marx n'est pas un penseur médiocre: les économistes n'ont pu le suivre sur le terrain où il a placé la question, ils lui ont opposé des arguments folàtres. M. Tarde, dans son compte-rendu, compare Marx à Hégel : « C'est le mème tunnel tortueux de déductions énigma1> tiques étroitement enchainées. entrecoupées ça et là d'éclairs. Leur ,, obscurité à tous deux fait partie de leur force. ,, cc Je ne puis m'expliquer ce jugement.' Cc n'est pas la faute de Marx, si les problèmes sociaux sont compliqués, l'auteur déclare qu'il i<i• a point de 'voie royalepo11rla science; tout le monde ser~ de son avis. Le Capital n'est pas amusant: mais je ne pense pas qu'on puisse trouver très distrayante la Politique d'Aristote. Sans doute, on ,'peut trait

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