LA VOYOUCRATIE SOCIAUSTE-RÉVOLUTIONNAIRE 47'> LA VOYOUCRATIE SOCIALISTREE-VOLUTIONNAIRE Si nous avions du temps à perdre. et, si comme les économistes ::itfü:icl<;payés en notre pays de France non pour faire œu\'re scientifiqu:?mai-; pour défendre des intérèts (!),.nous jouissions de loisirs suffisant-;, nous aurions pu parcourir la collection des journaux les plus importants de la bourgeoisie réactionnaire ou opportuniste (ce qui est tout un). c'est-à-dire le Tclllps, les Débats, le Soleil, l' Autorif,;_ C'est a\'CC plaisir que nous y aurions cueilli pour l'édification de nos amis, un l"'ouquet de~ epithètes les plus habituellement prodiguées, dans l'entrainement des polémiques vertueuses, aux ouvriers socialistes-révolutionna ires. Nos lecteurs auraient sans doute appris que d'après ces vengeurs de la morale les travailleurs socialistes sont d'immondes voyous, sou,·ent des souteneurs ou encore de mauvais ouvriers inhabiles au travail, incapables, paresseux, querelleurs et surtout ivrognes! Les syndiqués, nous les connaissons depuis M. Yves Guyot : récidivistes, g1biers de correctionnelle pour la plupart! Ils veulent la journée de huit heures parceque c'est la revendication des làches et des fainéants. Du reste aussi bètes que vicieux. L'économiste que nous venons de citer montre bien, dans son livre récent, l'opinion des bourgeois à ce sujet. li prete à un ouvrier de la Bourse du travail un raisonnement d'une ineptie rare et se donne ensuite la peine facile de le réfuter. Les chefs de groupes, les orateurs ouvriers du parti sont encore plus durement traités. Voici le portrait qu'on en fait. C'est un braillard a la chevelure hérissée, à la voix enrouée par l'alcool, grand mâcheur (1) Ceci n'est pas simplement une diatribe, c'est la constatation d"un état d"csprit qui fait de la France une des nations les plus arrièrèes dans I' etudc des qucstious économiques. Nos pontifes orthodoxes font une guerre sourde aux rares esprits qui cherchrnt ,incerement la vérite scientifique. Le nom de M. Gide est execrc par eux parce que le: professeur de Montpellier ne professe point complètement la doctrine Manchestùicnne et parcequïl sait, en pleine indépendance, rendre justice même aux doctrines socialistes. La 'J?.C'l!llt d'éco110111pioelitique, qui sïnspire d'un esprit de libre recherche tres large leur déplait beaucoup. Ils ne la citent jamais, maigre les savants travaux qu"cll,· contient, ne discutent jamais avec elle. Cest la co11spirationdu si/c11ce, Ils con,1dcrent comme n'existant pas les travaux de Lujo Brentano. Les convictions sinccre, aiment la discussion ouverte et recherchent la bataille. Que penser de ceux qui la fuient' C'est quïls n'ont pas mème confiance dans leur propre cause.
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