Lr\ REVUE SOCIALISTE plan de la Fédération américaine du travail, qui, s'il est mis en prcitique, donnera au Trade unionisme de grands moyens d'action commune. On décida également de réunir de plus en plus dans des A111alga111atedsociéties toutes les unions d'un même métier comme cela existe pour les mécaniciens, les charpentiers ... , etc. On vota 1'amendement de la loi sur les jurys de façon à ce que la classe ouvrière puisse être représentée, comme elle y a droit, dans les assemblées de justice. Le Congrès se déclara aussi complètement solidaire des mineurs, actuellement en grève, blâmant l'envoi de troupes sur les lieux de la grève ... etc ... etc ... 11y a toutefois une décision du Congrès que je dois citer in cx/c11s,1, or, répondant à un vif besoin de la classe ouvrière, elle est destinée ,l embarrasser singulièrement les gouvernements de l'Angleterre, quïb soient Wig/1s ou Tories; et autour d'elle, ou de son principe, se créer,l une vive agitation. Sur la motion de M. Keir Hardie, le leader du Parti indépe11dt11d1l!/ Travail, le Congrès vota : « Considérant que dix pour cent ch: la population ouvriere 1 reprJsentant plus d'un million de gens, ne peut trouver de l'emploi, et qu'un bien plu, grand nombre est employé accidentellement, et considt!rant en outre que Cè, rJserves sont toujours utilisées par les patrons en cas de dispute, ce Congr~~ déclare hautement que la nécessité de leur procurer un emploi honor:i ble et pïvfi h l·le est une question de premi~re importance, et doit ètre traitée comme telle par le gouvernement actuel, et que tout gouvernement manquant de r··- connaitre ce fait, est indigne du soutien Je la classe laborieuse. Et nous enjoignons donc au Comité parlementaire de mettre tout son soin à assurer le vote,!~ mesures proposées pour diminuer le nombre des sans-travail. Imposer au gouvernement l'obligation de s'occuper des sa11s-lrm-.1·ï. c·est en quelque sorte l'acculer à la révolution économique. Si la sociek actuelle résolvait la question des sa11s-travail, supprimant l'armée de réserve du capital, la révolution serait pour ainsi dire conson~mec. Les salaires de famine, le sur-travail, étant rendus impossible. \.:, ouvriers organisés comme ils le sont en Angleterre, se trouveraient absolument maitres du marché du travail. La question des sa11s-tra1..',1°I est donc d'une importance aussi capitale, pour la société bourgeoi,~· que pour la classe ouvrière - dans un sens directement opposé. Et l'on peut dire que M. Keir Hardie, en soulevant cette question au congrès de Belfast, a trouvé un terrain pratique tout à fait effica.::c, pour donner en Angleterre une intensité de plus en plus grande à la lutte entre le travail et le capital. Les lecteurs de la Rc-v11csoci,1/istc se souviennent peut-être que M. Keir Hardie a été le premier à parler de la journée de huit heure~ dans un Congrès de Trades unions, à Swansea, en 1887 (1), Alors. a ( 1) Le Parti Indépendant du travail, Revue socialislt, 15 juillet 1893.
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