LA REVUE SOCIALISTE les ouniers anglais pour les socialistes) ( 1): jusqu'à ces dernieres années. le parti libàal ne cessa d'agir sur les unions, grâce à son argent et à son insigne fourberie : il comprit bien de l'autre côté de la Manche que c'était dans la classe ounière que résidait l;J puissanc-., e:t tandis quïl détourna l'effort prolétarien vers les revendications politiques, dont il a\·ait l'apanage, il prêcha l'action individuelle et libertaire dans le domaine économique. Les unions remercient maintenant les libéraux comme il:; le méritent, en leur arrachant des réformes qui finiront par amener la decomposit:on de leur parti, D'ailleurs, dans le cas cù le parti libéral se mettrait à résister, en bloc, aux re\·endication,; des unions, les \'Oix ouvrieres ne viendraient plus faire passer ses candidats aux élections. la même où il n'y aurait pas de majorité possible pour un cindidat du travail. Car les Tories de leur côté commencent à faire devant le:.-- ouvriers encore plus de courbettes que les libéraux. Et le Times, le grave organe de la dignité britannique, ne pouvait s'empêchcï de laisser échapper cette plainte à propos du Congrès de Belfa~t: ,, Tant de politiciens sont prêts à se prosterner devant un Congr~s de T rad::s unions, comme si c'était 1'incarnation m~me de la sagesse politique. que les ddégués devraient ètre bien reconnaissants de se voir adresser une ~incère critique " (J). Je comprends que le Ti111rs oita::;~ez mélancolique en constatantquL les représ1..ntants de sa classe sont reçus.avec leurs prosternations, par des demandes absolument expresses d'intervention de l'Etat, quand ce n'est pas par une déclaration de principe collectiviste. Du reste, en fin de compte. on verra les unions combattre de plus en plus ou\'\:·rtement les anciens partis politiques au moment de la lutte dectorale. du moins dans les circonscriptions où un candidat i11drpendi111t du trt1i'.1il aura des chances de succès. Jusqu'à présent, les socidés om-ri~r::-s anglaises n~ s'étaient pas organisées pour les élections, d'une façon speciale et distincte : en Angleterre, les députés ne sont pas payé~. et les frais d'élections sont particuliercment élevés; c'est ce dor.t profitait hüliilement le parti libéral pour faire élirl! ses candidats par les ouHiers.ou pour faire passer des candidats ouvriers qu'il tenait en ma111,ayant payé leur élection. Mais outre qu'il y a aujourd'hui en (1) l .c Chartisme échoua par manque d'organisation, cc que ne lui pardonna pas le prokluriat anglais. Les Chartistes réclamaient la charte du peuple, contenant les pnnc1paux articles tk leur programme. Ces articles étaient surtout politiques, suffrage univa,cl, etc., quoique t,ien des Chartistes affirmassent qu'ils ne prenaient la politique que co1amc moyen et que le chartisme était en réalitc une question de pain. Les uns, vrainwnt ,ouali,tcs, d'autres ,impies révolutionnaires politiques, les Chartistes ne purent pas en,;ag"r d'action commune. Toutefois. leur agitation qui avait commence vers 18,2, tltt plus d'une fois cons1dérablc, surtout vers 18,8. Elle cessa aprcs 184S, ,1 1,, suite d 1.11 meeting qui avorta a Londres. Le Chartisme comprit des hommt·s remarquables kls que F~argu~ O'Connor, Fro,t. l:.rncst Jones .... etc. (2) Le Tn11es, l I septembre 1S9,-9.
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