La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTE les ouvriers les plus pau\'res, déployaient beaucoup d'ardeur à lutter contre les patrons, et subissaient l'influence du socialisme, on s'était habitué, p:tr contre. à ne voir dans les vieilles 11nio11s que des ouvriers songeant purement et simplement à jouir des avantag-:!s conquis : de leurs beaux salaires dans des métiers recherchés, et des caisses de secours, de retraite. établies clans leurs associations. Et la presse bourgeoise absolument confiante dans la tranquillité apparente du Trade 1111io11isllle chantait victoire; pour un peu les journaux anglais auraient aidé les ouniers à fonder des 1111io11s; et leurs confrères du continent engageaient les prolétaires turbulents ~l imiter les Trade 1(11io11ists li°Üutre-Manche. Mais ce chant de Yictoire a du cesser : par 1 50 \'Oix contre 52 les délégués des 1111io11s ont résolu :t Belfast de créer une caisse de propagande pour les élections ne pouYant sen·ir qu'aux candidats qui s'engageraient à " défendre le principe d-:! la propridé collccthx et le contrôle de tous les moyens de production et de distribution. •> (1) Il était naturel que le Tmdc 1111io11irn1t' général, les 'i.':'ci!l,-s 11, 1io11s comme les 11J11'1.'t'llcs, entrassent enfin d'une façon apparente d:ins la voie socialiste. Ces associations ouvrières ont toutes été créées pour résister aux capitalistes. pour défendre les droits des travailleurs contrl.! l'exploitation des patrons. " Nous sommes venus à Belfast pour_\' exciter l'esprit d'opposition entre les ouvriers et leurs employeurs.•> a dit .M. J. Wilson. t•icil u11io11istc, dans son discours d'ouverture du congrès. Ce que disait là M. J. Wilson a été en réalité le rôle constant du Trade unionisme. Et si les ·vieilles1111io11s ont manifesté une tranquillité relalivc. apr~s les longues périodes de luttes, d'où elles ont retiré de sérieux accroissements de salaires et des diminutions importantes de la journée de tra\'ail. ce n'était pas cc temps de repos qui pouYait les empèchcr de continuer à opposer les intérêts de la classe ounière aux intérd:;- de la classe capitaliste. La résistance du traYail contre le capital ne s'arrête pas a point nommé. Peu animées, en comparaison d'union:, formées r~cemment, les vieilles u11io11s n'enmain tenaient pas moins les ou\'riers puissamment organisés. Etc' est ce qui me faisait écrire r année dernière à leur sujet dans cette Revue : " Les ·vieillesunio11s prennent part en réalité au mou\'ement socialiste qui se dessine dans le Tradl' unionisme. Et elles ne peu\'ent qu'y prendre part davantage . . 1.• li a ~uffi d'une occasion pour que la grande majorité des délégués trade unionistes adhéràt au principe collectiviste. fi\ Si l'on évalue à un tic-r, le nombre des tlélcgués des 11011vt'llcs1111io11s, cc qui L''t plutôt ~xagérL', 01~ ~oit que la moitie environ tics tltilégués des iic1/les 1111io11s a admis k principe co\lcct1Y1stc.

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