La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LES LOIS SOCIOLOGIQUES 4 .' . ), ordonnatrice intelligente est directement déterminée par des conditions exclusivement naturelles; sans la moindre intervention mystérieuse: l'unité des conditions les plus générales de notre milieu physique et de notre structure biologique, explique notre unité collective: les diverse..s sociétés passées et présentes ne sont que des variétés d'un type primitif homogène; les sociétés ne constituent pas des espèces immua-bles différentes : leurs variations continueront sans doute à s'effec1uu st!Ïvant les lois régulières dans l'avenir comme pendant les siècles écoulés. « Ceci vient confirmer ce phénomène sociologique considérable que nous avons observé dans nos études antérieures, relativement aux sociétés politiques les moins avancées et les moins complexes : la. ressemblance générale, à tous les points de vue, économique, familial. religieux, moral, juridique et politique de toutes les sociétés rudime11taires, sans distinction, sans que ce_tte ressemblance entre ell.es pmvienne de la moindre influence réciproque: toutes ces sociétés, 1an.t celles qui sont restées dans leur état rudimentaire, que celles qui (')::lt disparu et celles qui ont dépassé ces stades primitifs, ont eu la n-:ême structure générale, ont agi, c'est-à-dire \·écu, senti. pensé. réglé k.ur conduite et dirigé leur politique d'une façon uniforme, à part des v.a.niations accessoires de leur milieu physique et biologique. En somme, k•.i variations sociales ne parviennent jamais à l'emporter sur l'unité fo0:- da111entale naturelle à l'espèce humaine. Personne ne met actuellement en doute l'existence des lois mathématiques. physiques, chimiques, physiologiques; mais le déterminiillle admis dans toutes les sciences, on prétend le rejeter du ·domaine oes sciences sociales. Contradiction étrange cependant; ceux-là mêmes q_ue l'idée des lois sociales offusque. sont précisément aussi ceux: qui introduisent la providen.::e, c'est-à-dire b. prévoyance, la prévision dans l'histoii=e, Or, qui dit prévision, dit science et il n·y a pas de science,,, ni de prévision, ni de prévoyance s'il - n'y a pas de lois. Admettn· une Providence, c'est donc ou reconnaître des lois sociales, des rapports nécessaires entre les phénomènes sociaux, une science sociale~ 011 affirmer que ces lois ne sont que des ordres, des commandement arbitraires émanés d'une autorité supérieure, absolue et inconditionnée, et par conséquent non susceptibles d'être humainement prévus, eh un mot, au-dessus et en dehors de la science. Malheureusement pour ses adeptes. dans la théorie providentielle il faut aller jusgu'.m bout; s'il n'y a pas de loi et de sciences sociales, c'est qu'il n'y a pas non plus de lois et de sciences inorganiques et organiques, car s'i on. admet ces dernières, on reconnaît par cela même que les sociétés ont des lois, les plus simples et les plus générales, il est vrai, et par œfa même les plus importantes. Entre la science intégrale et la Providence intégrale, entre l'ordre universel nécessaire et l'ordre univusel arm-

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