LA REVUE SOCIALISTE Mais. par cette ironie des choses souvent si cruelles qui pèse sur lt!s choses humaines, juste à ce moment, j'étais terrassé par une maladie inguérissable qui pouvait devenir immédiatement mortelle. Mortelle elle l'eut été. si votre inépuisable amitié ne m'eut favorisé.le séjour dans le Midi. Vous prolongeâtes ainsi la Yie de l'homme et sauYtlks 1'œune par surcroît. La Reime Socialiste, qui aurait péri sans Yous depui:, trois ou quatre ans, est grâce à \'OUS en pleine vie, et à la veille du !-uccès qui donne aux entreprises de ce genre le caractère de la durée indéfinie. Vous ayez fait plus encore. Après m'avoir invité à écrire le Socialisme intégral que sans les pressantes et heureuses exigences de votre amitié, je n'aurai pc1s osé entreprendre: ,·ous vous en êtes fait l'éditeur. Maintenant notre œuvre est lancée et la semence est tombée en bonne terre. C2!,1nee vous dois-je pas. que ne vous doivent pas tous ceux pour lesquels, les idées. les sentiments, les aspirations exprimées dans ces faibles pages, ont été une lumière et un réconfort? Après ma mort, propriétaire de la Revue socic1listc, vous pourvoirez à sa rédaction en vous entourant d'un comité de rédaction. Il est bien entendu que la Revue socialiste sera maintenue dans la ligne de conduite dont elle n'a pas dévié depuis sept ans, recherche sincère, philosophie tolérante et, disons le mot, sentimentale'.; but altruiste dans toute la puissance du terme, en un mot, la pleine acceptation des doctrines que nous avons formulées sous l'appellatif,, Le Socialis111inetégral" dans la Revue même. Mon ami Rodolphe Simon et ses collaborateurs n'oublieront pas non plus que fondée par des autodidactes surtout (Rouanet, Fournière et moi, notamment), la Revue socialiste ne dena jamais dédaigner le concours sincère des élaborateurs d'esprit droit et de bonne volonté, mème s'ils ne sont pas encore arrivés à la maitrise didactique. L'effort des commençants et des humbles est saint: il faut l'encourager. Enfin mon ami Simon qui sera appelé à mon lit de mort voudra bien veiller au transfert de mon corps à Paris et à l'incinération au Père-Lachaise. Je meurs dans ma foi panthéïste, évolutionniste et socialiste. j'ai quelquefois erré et j'en demande pardon à ceux que j'ai pu offenser ou à qui j'ai pu nuire. Je n'ai jamais voulu le mal et qu'il me soit pardonné en considération de ce que j'ai toujours combattu avec les deshérités pour des justices nouvelles, pour le développement de la connaissance des forces morales et de la bonté, et en considération de ce que j'ai toujours porté au cœur la blessure de la pitié faite d'une profonde sympathie pour mes semblables malheureux et de compatissance pour les animaux Yictimes de la cruauté de la parlie non évoluée de l'Humanité ou des fatalités naturelles.
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