La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTE LA MORT DE BENOIT MALON ci> L'un des rar-:spoètcscontemporainsqui aitjetésur la ne un regard sérieux et superbe, qui ait vu le mal, ,·u la souffrance, qui se soit insurgé contre les injustices et les misères de l'état social; qui ne désespère point de l'avenir et attende de « l'Action » la cité définitive des jours meilleurs, Sully-Prudhomme a écrit ces vers que je rapp~lle, parce qu'un jour Malon me les avait sign:ilfs : Je compte avec horreur, France, dans ton histoire, Tou~ les avortements que t'a coùtés ta gloire : Mais je ,ais l'avenir qui tre-.s1ille en ton flanc. Comme est sorti le blti des broussailles epaisses, Comme l'homme est sorti du combat des espèces, La suprème cité se pétrit Jans ton srng ..... Je tiens de ma patrie un cœur qui la déborde, Et plus je suis Français, p!L!Sje me sens humain. Telle était bien aussi la pensée intime de celui que nous pleurons, et dont on a osé dire qu'il avait méconnu la Révolution française, alors qu'il s'en est toujours déclaré le fils et le continuateur internationaliste. - alors que dans toutes ses études il s'est constamment efforcé de rechercher les moindres traces des traditions révolutionnaires du peuple français et des contributions apportées à la formation de la doctrine socialiste par les théoriciens ou les militants de la République démocratique et sociale. Enfin, à ceux qui ont regretté que le mauvais état de sa santé ait fini par obliger l'historien des quatre défaites du prolétariat français (Mouvement de Prairial - Insurrection ouvrière lyonnaise de 18i 1 - Juin 1848 - Mai 18j 1) à cantonner son dévouement socialiste clans la (1) L'administration de la Rn·uc Sv,·:,1/islt· a fait tirer en héliogravure un certain nombre d<>p •rtr:iib de B.:noit l\h!on. Ils sont à l:t dis:)nsition de nos lectc:1r,; üu prix de o fr. :;o.

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