LA QUESTION SOCIALE DEVANT LES CORPS ELUS 341 dront pas, si nous le déclarons perfectible. Evidemment c'est là un premier jet; l'expèrierice ne tardera pas à indiquer en quoi il peut ètre complété ou corrigé. Parmi les propositions à caractère so~ialiste qui ont été défendues à la Chambre dans le cours de la dernière législature. aucune n'est plus intéressante. plus digne d'attirer l'attention de ceux qui réfléchissent au problème de la propagande dans les milieux agncole.5 que la proposition de Jaurès relative au dégrèvement du principal de l'impôt foncier et au remplacement de cet impôt par un double produit : d'abord le bénéfice ré~tdtant de la conversion et en second lieu par l'imposition de décimes s'ajoutant aux taxes successorales qui frappent la propriété non bàtie quand l'ensemble de la succession ~'dève audessus de 50.000 francs. li nous semble que ce projet de réforme, par son caractère clair. évident. par les effets immédiats et très tangibles qu'il produirait, est un excellent moyen d'agitation. Pour qu'on se rende compte plus exactement de la valeur de cette idée. nous reproduisons ci-dessous la plus grande partie du discours de Jaurès (séance dut; juillet 1893. - Chambre des Députés). M. u, l'RÉSIDl:.N-T. M. Jaurès :t déposé u11amendement qui tend ;1 réduire le chiffre porté it l'arlide, de 40;,29q,482 fr. i1 14ï,4ï1-,12 fr. La parole est à M. Jal!l'ès. M. JAUR~s-. Je donne tout de suite à la Chambre b significat;on de cette très grosse réduction dans les recettes provenant des impàts directs. Avec quelques-uns de mes collègues je demande :1 la Chambre. avant de se séparer, de supprimer, en le remplaçant. le principal de l'impàt foncier sur b propriété non bàtie. Je m':issocie à l'ensemble des paroles qu:1 prono111:éesM. Maujan. Mais je crois qu'il est possible d'aboutir dès maintcn:int sur œ point spécial. Voili1 pourquoi nous avons dét:tché du projet de M. M:lllj:rn cc qui .:once1ne le principal de l'impot foncier. Messieurs, je dis d'un mot. m'exposant tout de suite, de façon rétro·pective, aux railleries tout~ fait spiritue.lles de notre collègue M. Pclletan, que nous sommes parmi ceux qui, pour rempl.1.:er en partie le principal de l'impàt foncier sur la propriété non b:Hie, invitent l::t Chambre i1 escompter. pour partie, le produit de la conversion prochaine. M. le r:tpporteur génùal nous surprend là en flagrant délit d'i !)usions. Il a, en effet, appelé nos regards sur le budget, sur ses lacunes, et il r )us a engagés à renoncer - ce sont ses p:troles - i1 toute illusion. Eh bien! j"; suppli.: M. le rapporteur général de croire que nous n'avons pas précisément !e genre d'illusions qu'il imagine. J.: ne suis pas convaincu le moins du monde que le budget soit aussi bien t>quilibré qu'il le prétend. Je crois au contraire qu'il faudra recourir dans un avenir très prochain, en particulier pour le p:iyement des obligation dont vous êtes obligés de renouveler l'échéance, 11 des charges nouvelles. Car je sais très bien que tandis qu'on nous reproche, 11 nous, d'escompter le produit de la conversion pour des réformes, M. le ministre des finances, tout en assurant que
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