La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA R!::.VUE SOCIALISTE LAQUESTIOSNOCIALE DEVANT LES CORPS ÉLUS LA POLITIQUE AGRAIRE DU PARTI SOCIALISTE Qµand. c1près l'écrasement de la Commune de Paris, le parti socialiste. v~rs I S7ï-ï'S. se révei lia, recommença la propagande riYolutionnair.:: et entreprit la \'ulgarisation des idées collecti\'istes :dors peu répandues. l'effort principal des hommes intrépides qui prèchaient au milieu de lïndifTérence de la foule se porta surtout ,·ers les grandes villes, vers les centres miniers et industriels. Il y aYait quelque mérite à ce moment, avant l'amnistie, à ètre socialiste. Il fallait posséder une foi robuste pour publier malgré les amendes et la prison l' Egalité hebdomadaire (novembre (1877), journal de doctrines et de discussions théoriques très remarquable, pour appeler à des débats contradictoires bruyamment annoncés les champions du radicalisme qui :se dérobaient pendant que la foule assoupie laissait des orateurs tels que Jules Guesd~ discuter, (comme j'en ai été témoin pendant mes années d'études et de séjour à Paris) deYa11t des auditoires de 1 50 personnes perdues au milieu de vastes salles. Rien ne doit être plus décourageant. plus glaçant qu'une telle indifférence. li semblait alors impossible qu'il y eùt jamais en France un parti ouvrier socialiste collectiviste. Et cependant. grâce à l'énergie des militants de la première heure, auxquels la rent1~éedes proscrits de la Comm une apporta un renfort précieux, ce parti existe aujourd'hui. considérable et redouté dans les grandes villes et dans les localités industrielles. Il est même possible de prévoir qu'un jour viendra où les ouvrier:. d-! la grande production seront presque unanimement gagnés et ou ceux de la petite et de la moyenne industrie le seront dans la proportion des trois quarts. C'est qu'en effet tout l'effort de la propagande a porté sur les transformations sociales néces5aires afin d'abolir, dans les

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