NATURE ET EXERCICE DE LA PROFESSION MILITAIRE JI Ï La vérité est que, maintenant comme dans la période préré\'olutionnaire, Je professionnel militaire exerce son métier non par patriotisme. mais par personnel intérèt, poussé par J'appàt du lucre. des plaisirs sexuels. de la gloire en temps de guerre, par l'appàt d'une \'ie facile. mondaine. des honneurs. de la considération en temps de paix. DE L'EXERCICEDU MÉTIER MILITAIRE L'armée est créée pour la guerre et celle-ci est le but de tout professionnel militaire. Nul ne peut le mettre en doute car en tous les pays, tous les officiers la désirent. L'un d'eux, M. le capitaine de Funcke, attaché militaire à \'ambassade allemande en France l'a a,·oué en ces termes : ,, Les ojjicicrs ve11/c11lfa guerre parce que c ·est lm r métier ( 1). ') Cet état d'esprit qui existait chez le soudard prérévolutionnaire subsiste donc maintenant encore et. comme le reitre médiœval. le professionnel militaire dans l'exercice de son ,, noble métier des armes "se livre au pillage. au \'iol, au meurtre, à J'incendie. La fin du professionnel étant la guerre: c'est dans les faits de µ;uerre que nous trouverons les phénomènes qui permettront de décounir l'essence professionnelle des exerçants le métier des armes. Toutes les horreurs possibles q11ecommettaient autrefois les grandes compag-nies, les armées des siècles passés, on les retrouve commises encore aujourd'hui par nos armées dites civilisées. Le vol. le \'iol, lïncendie, le meurtre après le combat f1eurissent toujours. En voici des preuves : M::isséna qui fut duc de Rivoli et prince d'Essling ::iv::iit rèlenu indùment ;00.000 livres sur les sommes saisies chez l'ennemi. Son aide de camp ::ivait mission de placer en dépôt chez des personnes s(1res, l'::irgenterie et l'argent qu'il prenait. Ainsi l'adjudant général L:indrieux saisit, chez deux curés. deux c:iisses appartenant à Masséna. Elles c?nknaient des pièce~ d'argenteries pill~~s dans les églises et maisons particulières et , 10.077 francs (2). Le maréchal Augereau, duc de Castiglione, pair de France avait rempli un fourgon d'objets.quïl daenait illégalement. Il vendit 60.000 frnncs, pour ~on .:ompte personnel, 100 chevaux pris :iux Autrichiens. Une nuit il fit dévaliser le mag:isin du plus riche joaillier de Bologne et fit charger le butin dans son fourgon. Absent de Vérone au moment du pillage. il rJclann s:i part de butin d la municipalité de Vérone dJcid:i de lui abandonner cinq bakaux chargés d'épices (valeur 600.000 lires). Elle avait d'autant pris ce parti qu'il p:ir:iissait que k général Chabran avait voulu s'en emparer (1). Le Mont-de-Piété fut pillé ?I Vérone, les officiers fais::iient main b:isse sur (1) Hamon. L. C. Année 1891, page 469. (2) Landrieux. Mémoires. Savine, éditeur, Paris 189;. - Cité par Trolard L. C. page 63, 65. f (,) Landrieux. L. C.- Cité plr Trobrd L. C. plge 260,387, 390.
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