La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTE corn!llencé la lutte; c'est avec lui que j'ai publié mon premier article dans les Annales franco-allemandes en 1853. ,, A cette date, il était impossible de supposer le développement que le socialisme a pris dans la suite. Nous n'étions alors que quelques-uns et aujourd lrni vous ètes assez puissants pour faire trembler toutes les puissances officielles. "A une autre date. vingt ans après, on aurait pu croire qu'on devait désespérer de l'lnternatio 1 nale. Alors le prolétariat européen souffrait d'une défaite funeste à tous, celle de la Commune de Paris de si glorieuse 111éllloire. Le Congrès international prit la double décision suiYante: ,, 1 o Se séparer des anarchistes: " 211 Laisser le prolétariat européen abandonner une forme de lutte devenue trop étroite et qui aurait conduit a d'inutiles sacrifices: ,, L'Internationale s'est doncdissoute. "Depuis, nous l'avons nie renaitre, mais avec une forllle plus élastique. mieux accolllmodée à la situation. Figurez-vous un conseil général voulant diriger l'Europe socialiste; c'est une impossibilité. L'esprit d..: solidarité qui existe aujourd'hui fait le nécessaire et le Congrès vient compléter le resultat. ,, Sous ce1te forme nou\·ell<!. lïnternationale a grandi et s'est fortifiée: elle est assurée maint..:nant de i"aYenir. ,, Continuons donc con1111c nous avons fait jusqu'ici : ,·isons à !"unité, non (fans les ddails, mais dans les vues générales. "U;1 !llOt aux Français pour terminer. ,, Sorte,·. \'ictoricux d~ la grande bataille électorale : je \·ous souhaite le mè!lle succès qu·à \'Alkmagne, et celle-ci sera la première a vous féliciter. si yous !"avez dépassée par l'éclat de votre succès. "Viw. l"ln.ternationale ! ,, ViYe le prolétariat uniYersel ! " Le Congrè!s est clos au milieu d'acclamations enthousiastes. Chacun se précipite \'ers le bateau au so;1 de la Marscil/,1isc. En mëm~ temps que deux heures sonnaient aux horloges de la Yille. la cloche du bJteau se faisait entendre et aussitot un coup de piston dè la machine nous emportait loin des rives. Alors l'entrain français put se donner libre carrière. Trop longtemps comprimée par de::odéli::.t~ interminables et par le joug d'une discipline à la prussienne, la gaité reprit son essor et se communiqua rapidement aux personnes

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