La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOClAI.ISTE DELA LOI DE SOCIABILITE IDÉE GÉNÉRALE DE LA SOCIABILITÉ On comprend généralement sous le nom de sociabilit~ l'instinct qui porte les êtres vivants à s'unir en groupes naturels que nous appelons sociétés. Longtemps on a défini l'homme " un ètre sociabk >', considérant la sociabilité comme exclusivement propre à l'ètr..! humain; mais il n'est plus possible de méconnaitre qu'elle est inhérente à l'animalité toute entière. Nul être vivant n'est seul, c'est là un fait connu et admis par tout le monde. Seulement il en est de cet instinct comme de tous les autres; presque tout le monde s'obstine à lui attribuer une sou1ce et une signilicâtion différentes chez l'homme et chez les animaux. De là des divergences doctrinales qui acquièrent chez certains esprits une importance capitale et leur fait méconnaitre le véritable caractère naturel, organique, biologique de la socialisation, grâce à l'habitude invétérée que nous conservons d'accorder à nos opinions préférées une prédominance voulue sur les faits observés. Il en résulte que nous pouvons entasser les preuves et les démonstrations, jamais nous ne pouvons arriver à faire comprendre à ces intelligences fermées au sens scientifique, la signification du bagage scientiÏtque de la sociologie. Tant que subsistera la conception spiritualiste de la vie et de la morale, noL:s nous butterons à l'impossibilité de faire saisir le lien qui unit l'homme à l'animalité, la société humaine à la société animale, la morale à l'instinct, c'est-à-dire le déterminisme social. Cela tient aussi beaucoup à ce que nous continuons à raisonner comme si l'homme avait paru tout d'un coup sur la terre avec ses facultés telles, au moins, que nous les retrouvons chez les sauvages, tandis

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