REVUE DES LIVRES la guerre au capital et aux puissances économiques et politiques, :id111inistr:1tives et judiciaires. Jusque là bravo, car la critique est nécess:iire. M:iis nous 11<.: pouvons vous suivre jusque dans vos attaques contre le principe cl":1utorité luim~me. Si petite, si réduite, si morale que devienne l'autorité!. il en faudr:t toujours une bien ou mal con(ue. Notre idé:ll ser:iit d"en dabl1r une qui ser:iit forcée de chercher :1 se diminuer elle-même progressivement. .... Lecteurs. lisez le livre de Jean Grave. Si vous n'êtes pas socialistes. vou~ le deviendrez. Si vous vous convertissez :1 l'an:irchic. eh bien, tant pis; cela vaudra encore mieux que de croupir d:ins le scepti..:isme. Et si vous des socialistes, vous y trouverez de nouveaux arguments en faveur de vos convictions. qui par à peu près pourraient se résumer en cette for111ubtion : Par des réformes, pour le collectivisme; - par le collectivisme, pour le co111munisme. Vive la liberté ! Oui, m:iis pas la liberté sans boussole. A. YtRER. Barbarie et Civilisation, p:ir M:irx. L'éniinc,nt collaborateur <le Marx vient de publier. it la bibliothèque <le l'Eri.: 11v11vc/fr, sous cc titre, une très remarquable brochure. Cc,t un extrait de son remarquable ouvrage (non traduit en français encore) intitulé : ·De l'E~·o/11/101d1e /'l:],1/, de ln ?, opriétc cf de la Fn111illc. Nous en reproduisons la conclusioT}. qui mfritc toute l'attention des hommes qui pensent. D'après ce qui précède, l'époque civilisée, autrement dit la ÔYilisation. constitue toute cette période historique qui dure encore, dans laquelle la division du travail, J'échange entre particuliers qui en résulte et la production marchande qui les embrasse tous deux. arriYent à leur plein développement et bouleversent toute l'ancienne société. La production de toutes les périodes sociales primitives a été essentiellement communiste aussi bien. du reste. que la consommation. basée sur un partage direct.des produits, soit dans les grandes. soit dans les petites communautés. Tout cela se mouvait dans d"étroites limites: mais chacun pouvait -se rendre compte de l"ensemble et, tant que la production s'est effectuée sur cette base. elle n·a pas pu dépas er ies calculs des producteurs ni faire naitre. vis à vi<; d'eux. des forces étrangères et énigmatiques comme celles que la civilisation a vu surgir régulièrement et inévitablement. Dès l"avènement de la division du travail, tout changea en effet. Le mode de production collectif fut ruiné peu à peu. l'appropriation devint de plus en plus individuelle. l'échange entre particuliers s'établit et le produit se transforma en marchandise. La production marchande une fois généralisée. les produits passèrent de mains en mains, n'étant plus faits pour la consommation privée mais pour l'échange, et les producteurs ne surent plus ce qu'ils devenaient. Dès que la monnaie et, avec la monnaie le marchand, remplirent le role d'intermédiaires entre les producteurs, l'échange entra dans une voie de complications et le sort final des produits échappa à toute prévision. Les marchands sont nombreux, et aucun d'eux ne sait ce que l'autre fait. Les produits ne passèrent plus seulement de main en main. mais de marché en marché. Les producteurs perdirent tout controle et toute direction sur l'ensemble de la production dans leur propre ressort, et comme les marchands étaient incapables de s'en emparer à leur place, production et produits échouèrent au hasard. Mais le hasard n'est qu'un pôle d'un ensemble de choses dont
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