La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

20 LA REVUE SOCIALISTE .)nCeYoir un· tout, un composé, sans impliquer une mutuelle dépenlance des parties composantes. Seulement, remarquons-le bien, cette dépendance d'ensemble des parties composantes entre elles n'empèche pas chacune de ces parties de représenter un autre tout, un autre composé, dont les parties composantes sont également solidarisées entre elles, individuellement. tandis qu'elles n'offrent qu'une dépendance totale de leur ensemble unifié, à l'égard du premier composé. La meilleure idée que nous puissions donner de cette loi de l'individualisation en. général est celle que nous oAre notre système solaire, dont chaque planète nous offre une indi\·idualité propre, dépendante, dans son ensemble, du soleil. tandis que ses éléments composants sont dépendants entre eux, ce que nous exprimons fort bien, en disant que les planètes sont maintenues dans leur orbite autour du soleil par la force de gravitation, et que les éléments dans chaque planete sont unifiés, assemblés par la force de la pesanteur. Nous ayons montré que c·est la seule façon de rious expliquer l'individualisation à l'infini dans le monde des phénomènes des êtres et des choses ( r): c'est. à notre a\·is. la meilleure idée que nous puissions nous faire du role du socialisme et de l'individualisme dans la vie sociale. L'individualisme, généralement mal compris. au point que des philosophes ont ,·oulu voir dans l'égoïsme, dans l'intérêt, la base, le fondement de la morak doit ètre relégué à ce qui concerne exclusivement la personnalité de l'homme, c'est-à-dire ce qui, en lui, peut exister et é\·oluer indépendam, ment de ses semblables: le socialisme. au contraire, embrasse néccs-- sairernent tout ce qui établit et maintient l'unité du corps social. tout cc qui a rapport aux relations et dépendances des homme~ entre eux, c'est-à-dire toute la vie proprement .dite de l'homme ci\·ilise. Ainsi compris. le socialisme devient l'expression mème de b socialité, c'cstà-dire de la vie de l'homme en tant qu'ètre social. Or. si nous remarquons que l'homme devient d'autant plus sociable et que la ,·ie sociale lui est d'autant plus indisJ)ensal..,le t1u'il évolue da\·antaCYe il0us :-, ' sommes bien obliges de conclure que le socialisme est l':tboutissant de l'évolution sociale et constitue, pour ainsi dire, le phare lumineux, le port où doit tendre la vie sociale. Q!.i'on le veuille ou qu'on ne le veuille pas, le socialisme est le but de l'humanité, c'est la religion de l'avenir. Eclairés par l'cxpénencc, les hommes comprendront de plus en plus qu'au lieu d'une soumission passive à une puissance occulte dont la volonté ou le caprice doivent être tléchis par des prières ou des sacrifices, le vrai moven d'utiliser leur propre dépendance dans ce qu'elle a de bon. et de l'~tténuer dans ce qu'elle a de mauvais. est d'étudier la Nature. de chercher à pénétrer . _( 1) Le_ Mo11dl'Pl:rs"Jllt' .- La V,c cl /,1 Prnsù. - La l',e Soo,1/c et la .'vfor, 1/c. _ 111 Bibl. philo,. contcmp. Félix Alcan.

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