LA QUESTION SOCIALE DEYANT LES CORPS ELUS Elle établit la compétence pour la refuszr au pouvoir exéwtif cl pour l'attribuer aux seuls juges correctionnels. (Applaudissements.) Elle indique quelles peines seront appliquées; elle limite le droit dt:s juges qui peuvent « dissoudre, s'ils le veulent, les syndicats ». Et c'est quand une instruction judiciaire est ouverte, quand seul le juge peut prononcer, que le ministre de l'intérieuf se substitue à lui en violant b loi, - la loi, Messieurs, qui est au-dessus de tout. :iu-dessus du ministre de rintérieur. Et ce ministre prononce une peine que les juges seuls ont le droit de prononcer! (Nouve:iux applaudissements.) En admettant, je le répete, que la loi ne doive p:is être interprétée comme je l'ai fait, les juges seuls étaient qualifiés pour le dire. Vous n·:ivc;z donc pas le droit, Monsieur le préfet, d'agir :t l'heure qu'il est comme si vous t!tiez en possession d'un jugement. Vous n'ètes que le pouvoir exécutif, vous n·avcz qu'à attendre patiemment b décision de la justice. et quand elle sera rendue, à l'exécuter. Alors, et alors seulement commencera votre droit. Au lieu d'attendre le jugement du tribunal. vous avez d'abord violé la loi. En présence d'une situation aussi nette, en présence des imprudences qui ont réveillé l'émeute, en présence des engagements formels et solennels qui n'ont p:is été knus, en présence de cette viol:ition évidente de l:i loi, comment pourrions-nous ne p:is nous de1!1ander si le motif qui vous :i fait agir et qui n'est ni un motif d'ordre judiciaire, ni un motif d'ordre :i,lministratif, ne serait p:is simplement un motif d'ordre purement politique? Vous avez obéi à des sommations qui ne venaient p:is du p:irti républic:iin... (Applaudissements.) il suffit pour s'en convaincre de lire les journaux royalistes. (Exclamations à cl roi te.) Je désigne ainsi les journ:iux qui, sous l't!tiquette de républicains modérés, conservent les mœurs et défendent les principes de 1:i monarchie! Tel. « les Débats» qui. depuis trois semaines. sans en except~r un jour, réclament dans cette langue hypocritement violente. qui est la caractéristique de la presst: modérée, la fermeture de la Bourse du tr:ivail dans l'espoir que cette mesure pousser:i les ouvriers dans la rue. Le ministre de l'intérieur a prèté l'oreille :1 ces èxcitations et il l'a fait d:rns un misérable intérêt parlementaire. C'est pour obtenir quelques voix de droite qui, :1 ce qu'il suppose, doivent consolider son pouvoir, qu'il a obéi aux conservateurs sans songer qu'à mesure qu'il entrerait dans s:i majorité des royalistes, il en sortirait des républicains. (Appl:iudissements.) On a mis la barre à droite. Eh bien, pour empêcher une telle manœuvre il suffit, je le déclare. que cette· politique soit dénoncJe. C'est ce que j'ai fait. (Triple salve d'applaudissements.) Comme le dit très bien M. Humbert: 011 a 111is la barre à droite. Voilà le fait politique essentiel de ces derniers mois. Nous entrons dans une période de réaction, rendue possible par l'adhésion des ralliés à la forme républicaine. . Toutes les forces conservatrices vont s'unir contre nous. Les inté-
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