202 LA RE\'UE so;.:1AUSTE se laisser enfermer dans un cercle quelconque de convenancès 0:..1 de cocventions. L1 nature seule fait réso!111ersur la scène sa voix formidable. étale ses colères. ses grandeurs et ses faiblesses. Les cinq actes. ne sont, en réalité. que cinq tableaux; cinq table::n1xpoignants, partant de la misère, depuis iongtemps supportée. pour aboutir à !"explosion finale, aux révoltes indomptables, ivres de Yengeances et de sang. au réveil de plusieurs générations d'esclaves. tout éblouis de leur audace. faisant, en un jour, payer à leurs exploiteurs. des années d'asservissement et d'exactions. Et quelle grad:ltion tout à la fois naturelle et sa,·ante dans cette psychologie d"une grève! Bien que des personnages déjà vus ne reparaissent pas ou que de nouveaux surgissent au 51• acte. tout se tient. clrnque tableau est si étroiteme41t relié au point même de départ d~ l'œuvre que l'on ne saurait toucher à l'une quelconque des sc~nes sans affaiblir l'impression générale. Une telle épreuve est bien près cl'ètre décisiYe. li faut le reconnaitre, elle était plus aisée à tenter sur le terrain où l'auteur l'a placée. Mais avec quelques légères modifications de détails. elle restera. apportant sa force aux essais qui suivront. quelque sujet d'étude qu'ils abordent. Est-ce à dire que cette forme doive. seule. et ct·un coup. remplacer exclusivement toute autre? Assurément non ! La virilité du thé3tre futur peut se manifester sous bien des ~spects et la critique ne saurait se montrer intransigeante et refuser son appui à tout effort sincère. Né::lnmoins, il existera toujours entre les différentes formules du thé::itre et cette conception dernière une appréciable distance. Cest que les unes se contentent ::e narrer des ,, faits " et que l'autre expose des "états ,, avec leurs causes et leurs conséquences fatales. C'est. aussi, pourquoi le théàtre naturaliste ne se rapproche pas autant qu'il le devrait de ce que nous croyons appelé à devenir le vrai théâtre" socialiste,,. Il reste aux naturalistes,, l'honneur, déjà suffisant, d'avoir pressenti cette dernière transformation et d'avoir dirigé leur évolution de façon à y aboutir forcément, un jour.,, Lorsque cette jonction sera faite, que restera-t-il de l'art d_ramarique de ce siècle? Pas grand chose. certes! Il n·est pas assez riehe en chefs-d'œuvre pour imposer aL\Xâges futurs de solides admirations! Mais il aura été l'étape nécessaire que doit parcourir toute société dans sa marche vers un but supérieur. De mème que les courants politiques qui l'ont agité étaient les éléments indispensables de la maturation des esprits, de même l'instabilité de sa doctrine littéraire. en justifiant toutes les tentatives. aura permis un plus rapide épanouissement. au théàtre comme dans le roman, des véritables instincts sociaux de notre race. Ce sera son rôle devant l'histoire. Avouons qu'il ne manque pas de grandeur! li n'a guère été, jusqu'ici, parlé que du ,<drame.•> C'est que. dans
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