La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

Masse compact-: <lïnfortunés aux pris.:s ~,·u: k:, dificultc.::;ks plus grandes. mais aussi ks plus simpks de la ,·ic.:. il nc.:pc.:ut. c.:nhmnc justic. appliquer à kur solution les formul..!s spéculatiws ou s.: complaisent les philosophes. Ses souffrnnces partent d'un.: cause tn)p nctteme1~t définie pour quïl songe i1 lc.:sapaiser par des rairn1·1:c.:111t:11ts abstraits. Il ne s'émeut. il ne peut d'ailleurs. s· ;mou,·oir. qu·aux :1qi;ut1h.!!1lstirés de sa \'ie même. aux représentations -:x:.icks de s.:s luttes. it la rep_roduction tangible. pm:r ainsi dire. de l'ét..'rnd remou., qui k h.:urte aux dures aspérités de la misère pour le ramener ~Hl, 1.:Sdavagt.'Sdéprimantsdu salariat. à la dérnrganisation de la famille. a cdk oppr..:ssion moralc.:qui pese sur lui. d.: tout le poids de ~.on injusticl.!. Le roman. le roman moderne surtout. avLc l'acuité de son an~1lrse Jb_vchologiquc. la subtilité de s.:s déductions. la plac: de plus en plus ~rand.: accordel' a la scil'nce. dans la direction dLs individus. lui dc.:- meure plus ditlkilement a..:cl.!ssible.Le théi•tre seul. par l'action direct.: qu'il 1:xcrce sur 1'1:sprit et ks nerfs des spectateur.,. p.:ut evc.:iller dans le p.:upt_.des idc.:esencore insoupçonne\.'s.mettr.: en 111archedLs courants d\1pinion-.. latents en lui et qui actionn1:s par l'étin.:--lk dramatique se chan~-.:nt bi.:nhit en irrc.:::-istibkstorrents. 1'on pas que.:k rok preci::- de l'.1rt dramatiquL soit d..: fair..: naitre ces ide1:s. si ell..:s n·..:xislt'nt déj:1 ,utb tll~e forme qudconqu.:. ou d..: provoqu.·r c..:s c~iuranb .:n d.:lwrs dc.:tl,ut.- complicite de l'opinion publiqu\.' ... L\ .. s.:nce mL'llll' du thdtre s'oppos.: a CL' qu'il soit pma1:- u1 art 1:ducateur. ,\u rôk. cc n·L t l,1 mi::-::-iond',1ucun art. 1\1.:isil p.ut dre k nwtLur actif du qu..:l les forces intellectuelles n.:-;oi,·-:-ntune , iL :,,.pc.:ci.11.: d p:1r qui .:116 sont tran-..mis.:::-a tous. Puis mt dir.:ctem.:nt ::-.·::i-n-..pirati1,ns dans ks idc.:L:q:-ui tourmentent un.: c.:pnqt11..l·'.auteur dramatiqu.: les recueille. ks cnnden,e et k.,; r.:n\'oi.: a ceux dont c.lles c.:man.:nt. cluq{ees de tout le fluide lJllL' ::-;1 con\'iction .:t Slll1 tal,nt kur ont c1,1111m1niquc.L:.L·::-foule::-. d'abnnl. s'etonn.:nt. Puis. les aninites s\:v,.:ilknt knt ..ment et le::-::-llLCes'affirrnent par Li ::-urpris.: ra,·ie lks ::-pectatLttr,. r..:tr~,u\'ant sur la scenl.'. tr,1duit.: ,1v..:cfor.::..: .:t cl.1rt..:.11.'urs intim6 d \'a!-'ues aspirations. I. • 1110u,·_.r..nnt est donne : lïnt.:n~ite p~u {1 peu s·..:n augmer:t..: t il \':l ju:-qu·au fond des cnnscic.:n.:.:s allum.:r ll.'.s!,-'rand.:sén.rgies ou flirtitier k, ,·1)lontes hésitant.:-... Voila quel doit êtr\.' IL rôl.: social du t he~itr1... Ainsi l'ont compris toutes L::sci, ilis:1tio1~s.L.:s Grecs d.: l'l!poqu.:: cla:,:,,.iquLctai.::nt si conscients <le l'action qu'il exc.:rce sur les foules. que ks repn:s~ntations d.! leurs tragédi.:s ctaicnt les s.!ules occasi,)ns qu'ils ,·oulussent saisir de parler au pc.:uple mas~é sur ks gradins. L·~ chœur antique aYait comm~ mission dïnh.rrompre le di<Hne. cl. sans trop tenir compt.:: du sujet \!11 cours de d1;veloppL-

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