DE 1.A N,\TURE ET DU CARACTERE O.tGAN!QUE D!:3 LOIS SOCIAU:.S l Sj sociale pour le monde. en produisant un prcrnier groupement <les organismes. en créant la famille (1) "· Qu:tnd on Yeut appliquer la loi de Darwin à la vie sociale. on oublie trop que cette loi n'est que la constatation de cc qui se passe entr~ des organisrnes différents et non de ce qui caractérise la synergie des différentes p::irties d'un rnème individu. Cè qui nous tromp~, c'est notre conception fausse. ou du moins insuffisante de l'individualisation sociale. Notrs oublions qu'il en est de l'évolution du règne social comme de celle du règne organique : les organismes n·y acquièrent point d'emblée leur indi,·idualisation complde. adéquate: au co:1traire. nous constatons partout la mème marche progressive vers une correspondance et une solidarisation de plus en plus complète de toutes leurs parties composantes: c·est ce que nous avons vu dans le monde organique. ave.: la loi d'organisation des faits de sensibilité qui a pour conséquence finale cl~ transformer en ,·éritables fonctions physiologiques. toutes les excitations. répercussions et correspondances intersensorielles qui se répètent suffisamment de la mème façon et clans les ml!mes conditions pour amener une équilibration fonctionnelle en quelque sorte statique. qui fait dorénavant partie inté:",'rante de l'organisme. Mais nous ne de\'ons pas méconnaitre que cette loi de l'orgag-anisation de la vie n'empêche pas la production incessante ci'unc foule d~ petits troubles. de petits dérangerncns dans l'équilibre moyen qui constitue le cours de la vie. Nous savons qu~ c~s anomalies. que cc:.; luttes intestines sont i11\'crsement proportionnées au degré de correspondance et de synergie fonctionnelle, c'est-à-dire quelles tendent à diminuer à mesure que la solidarité augmente entre les parties composantes par les progrès de l'organisation. tandis qu'elles tendent à reparaitre dès que l'équilibre fonctionnel est dérangé par une cause advice ou par un défaut de parallélisme entre l'évolution des difTircnts organes. appareils ou fonctions d'un mème organisme. Par conséquent pour nous expliquer la réalité tk la lutte dans l'é,·olution sociale, il sufîit de remarquer que cette lutte se montre toujours entre des indi\'idualisations difTérentes. Q.11andnous croyons constater une lutte entre les membres d'un m~mc corps social. nous confondons ce que nous appelons et classons un corps social. lequel n'est qu'une création artificielle. avec un organi~me. avec une individuali.sation sociale naturelle. La,< concurrence vitale ''· la <, lutte des classes ", ne constituent point ·1aloi de !'évolution ni de l'organisation sociale, c·est au contraire une loi antisociale. c'est la résultante du défaut de correspondance réelle, organique, psychique et morale. entre les éléments disparates dont se composent encore nos groupes sociaux artificiels, adventices. ( 1) Rt)--J/1.' Soci.1/isf<', février 1892.
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