LA REVUE SOCIALISTE seulement, ceux-là seuls triomphent qui sont unis à d'autres par les liens d'une solidarité plus étroite, mais la force de l'association est d'autant plus grande que l'association a li~u entre individus de nature différente. La remarque est aussi vraie des groupes d'indiYidus que des individus eux-mèmes. Les groupes d'individus ont également besoin du concours d'autres groupes. L'atrophie. le dépérissement. la mort est la consJqu~ncc du dés:1ccord. Cette loi est applicable à tous les ètres. et non pas aux seuls ètres Yivants. (V. Lanessan. Op cit., p. 423-50:;.) ,, ,< La Yie en commun n'est pas seulement le privilége de ces espècé!s particulières qui s'organisent temporairement ou d'une manière permanente (migrations. familles. tribus, cités, poissons. oiseaux. castors, abeilles. fourmis. mammifères. etc.): mais bien un fait normal. constant. universel. qui ne s'explique pas seulement' par l'action de· facteurs psychologiques. Depuis les plus bas degrés de la série, "lepuis les colonies animales inférieures. jusqu'aux plus élevés, tous les êtres vivants se trouvent engagés à quelque moment de leur existence dans quelque société; tous les vivants sont appelés. par les nécessités biologiques. à soutenir des rapports multiples avec les existences qui les c1wironnent. que ce commerce soit permanent ou transitoire, peu importe. " Au-dessous même des régions où les sexes sont distincts et séparés. on trouve encore quelques traces de vie soci,lle, soit chez les animaux qui demeurent. comme les plantes, attachés à une souche commune. soit chez les ètres inférieurs qui, avant de se séparer de l'org:rnisme qui leur a donné naissance, restent quelque temps soudés à lui et incorporés à sa substance." (Espinas. Soc. n11i1.1.1 p. 8-9). On n'a qu'à ounir l'ouvrage que nous citons de M. Espinas et celui de M. Perrier sur les Colonies animales. pour recueillir des milliers d'exemples. C'est donc que " le milieu social est 13. condition nécessaire de la conserYation et du renouvellement de la vie. (Espinas. ibid.) ,, Si du point de vue: biologique même la loi d'accord domine la loi de concur-rèncc, n'est-ce pas que la vie. qui implique nutrition et gfoération. n'est pas absolument égoïste, mais contient, au contraire, des éléments de sympathie et d'altruisme? C'est la thèse qui, après. Littré, a été brillamment soutenue par M. Guyau (Idée d'1111c111omll')'. En effet, si la Yie. en tant que fonction nutritive. est une sort~ ck " graYitation sur soi''· la vie. en tant que fonction de génération. qui débarras$e l'ètre d'un trop pltin qui le gène, n'est pas seulement une dépense égoïste; elle est en même temps altruiste, puisqu'elle donne une partie de son être pour produire la vie (Guy:iu). Grùce à la génération, l'organisme individuel cesse d'être isolé: son centre de gravité se déplace par de~vés. dans le passage de la génération asexuée à la génération ~exuéc ou amphigonie qui inaugura une noll\·elk phase
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