l)E Ir\ :'\ATU:U: ET DU Cr\RACTl-i{t ORCANl(.!_Üi. or:s 1.01:, <;OC:iA:.1 ; 1 ïï morales. aux conditions de vie sociale qui n:sultcnt des Lemps et des lieux. absolument comme nous avons admis que l'(n,lution orga'niquc découie des différenciations de la matiere ,·ivante par le jeu des determinations qu'elle subit di,·ersemcnt. sui,·ant les temps et les lieux. Autant cette façon de considérer les phénomèn~s comme résultant des actions et réactions des influences en présence sem bic ditlicile à porter dans le domaine subjectif de notre ,·ie psychique. autant. en revanche. cette conception nous parait plausible dans le domaine social. Nous ne saurions. en effet. même pour les faits sociaux qui nou • semblent le plus indiscutablement intellectuels et moraux. invoquer lïnter- \'ention d'une âme sociale et de facultés de conscience ou de volonté: nous ne pou,·ons pas. d'autre part. nier la réalité de faits collectifs, nettement distincts des faits individuels: par conséquent nous sommes bien obligés de les considèrer comme résultant des circo,1stances et des conditions qui les déterminent. C'est là . .tssurément. un point capital dans notre conception k la socialité. Si nous ne pou,·011S attribuer une réalité ontologique à la \'Olonté d'une nation, d'une assemblée. il la conscience publique, nous ne pou,·ons méconnaitre les analogie::, a,·ec notre propre volonté et notre conscience personnelle : da11::,une nation. la ,·olonté d'un peuple. d'une assemblée législative. du pou\'oir exécutif est la ·ré::..ultante des volontés des électeurs. de::.,kgislations ou des m111istre•. non pas ::..implement totalisées, m~is unifiées. fusionnées en une ,·olont( commune. qui est bien une résultante dans le nai sens de cc mot: il en est absolument de même pour notre ,·olonté personnelle qui n'est que la résultante de nos diverses volontés ou ,·olitions dont la com·ergence. la ::.._vnergiet la résultante engendrent la dl!cision final.?. l'acte , olontai rc. D'autre p1rt. il semble b;en ditfüile de nier le fait constant, quotidien. de notre adaptation .·ontinuellc aux circonstances et aux conditions nouvelles qui résultent sans cesse du jeu des forces naturelles aussi bien que des modifi.:ations que 1'111klligence humaine et l'industrie apportent dans le milieu social uu nous ,·i\'ons. Sans doute. on peut nous objecter que cette adaptation 12stsou,·ent l'effet de l'inten·ention de notre intelligence et de notre \'Olonté. Nous répondrons d'abord que nous nous exagérons généralement beaucoup le rote <le notre libre arbitre dans tout cela. qu'ensujte, en fut-il ainsi pour le premier individu qui donne le branle. l'impulsion première. nous n'en serions pas moins obligés d'arri,·er à reconnaitre un caractère d'adaptation passive, par imitation ou autrement. à la généralisation des fc1its. Nous retrou- ,·ons donc ici la mème particularité que pour les phénomènes de sensibilité et d'organisation. C'est. par exemple. ce que nous voyons excellemment dans l'organisation et le fonctionnement d'une de nos grandes administrations. • 12
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