1-? J- LA IŒVUE SOCIAI.ISTE " Il est une vérité bien aablie pour !es naturalistes : dan:, les " cspe.:e~ a11i1,wles inférieures. l'indi\'idu corporel. c·est-à-dire ce que. ,, dans un langage plus précis, nous appelons un organisme. est en " réalit~ un~ réunion de corps animés distincts Yi\'ant en société. De " plus. les maitres de la science nous enseignent que cette aggloméra- ,, tion so.:iétaire. réduite dans les plus bas degrés de la série inver- " téhée ~t une simple juxtaposition anatomique. prend graduellement ,, les caracti.:rcs de la solidarité physiologique, ainsi. chaque membre " de la colonie. qui, au bas de l'échelle d'organisation. se sufüsait à " lui-mème et fonctionnait seulement pour soi. se circonscrit et se " spccialise de plus en plus dans son tra\'ail, d'où il résulte que ,, clncun tra,·aille pour ses associés. qui, en retour, travaillent tous " pour chacun, et qu'un échange nécessaire de ser\'ices, un concert " physiologique. une harmonie d'organe et d'action se substituent ,, graduellement au pur indi\'idualisme primitif ( 1) ,,. Par conséquent, de rnème que nous a,·ons trouvé que la ,·italité se réduit. dans :,es manifestations les plus rudimentaires. à de simples actions néccs~aires. chimiques. de mèrne les premières manifestations de la socialité ne constituent manifestement que des prolongements des correspondances biologiques. Ce n'est que postèrieument. par suite des différenciations et adaptations qui résultent de la division du tra\'ail que nous \'Oyons apparaitre les différents organe-, sociaux de production de consommation. de circulation et la ,·éritable organisation sociale par la différenciation et la spécialisation professionnelle des indiYidus. Enfin. par l'e!Tet. de la détermination dans cl,aque individu de toutes les impressions qui lui viennent de ses semblables. se forment et se dé,·eloppcnt les divers modes de sensibilité sociale que nous aurons à étudie,· tous les noms de sens social, de conscience et de moralité. Ce quïl faut bien comprendre, en effet. c'est que les fonctions cérébrales ou psychiques (idées. sentiments. conscience psychique et morale), constituent les liens qui relient les membres d'un corps social. Elles réalisent l'unit~ dans le temps par la mémoire. la tradition et les surYivances héréditaires. et dans l'espace par la transmission des émotions et des sentiments. la contagion morale, l'imitation, la suggestion. etc. La nature vibratoire et la loi d'organisation de la sensibilité nous semblent ainsi concorder singulièrement avec les faits d'obsen·ation, en même temps que nous y trou,·ons une nouvelle facilité d'explication organique de ces phénomènes demeurés jusqu'ici assez obscurs. Seulement, autant les adaptations et formations de fonctions fond:1mentales sont frapp:1ntes au début de l'organisation sociale. autant elles passent maperçucs dans nos études de la vie des (1)Dur:1nd(d..:Gros), Paris. tSjt.
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