La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

DE LA NATURE I.T DU CARACl I.R:O or,li.\l\lQCE c1:s 1.0:S $0(, 1,\Ll:S I (>) du professeur Huxley. " nou., dirons que i'0~)cnge rcpré~:ente une sorte de cité aquatique, où les gens sont di ·pos~s le long d-..s ïUes et dès route·, de manière que chacun peut aiséme1~t prendre sa nourriture dans l'c~1u, dont le courant les baigne. " " M~rnc chez les animaux sup~rieurs. on peut voir cc rapport d~ la \·ie de 1'.1grégat et de la \'ie des unités composantes. Le sang est un liquide. où, à cot~ de substancès nutriti,·es. circulent dïnnombrahles unités vivantes,. les corpuscules du sang. Chacun de ces corpuscules a une histoire. Durant la première période de leur \'ie. chacun d·eux. connu alors sous le nom de corpuscule blanc. exécute des mouvements indépendants comme ceux d'une amibe: et quoique. ù 1':i.gc:1dultc, sous !t: nom de corpuscule rnuge. sous la forme d'un disque aplati, on ne k Yoit pas agir. ilconsen·c une ,·ic indi,·iduelle. Ce n'est pas s.:uiernent par des signes faciles à constater. c·est-à-dire par les rnou,·cmcnts d'un corpuscule qui flotte librement dans un liquide que nous avons la preuve de cdte existence ind1\'iduelle. Il y a des surfa:es muqueuses. celles des voies aériennes par exemple, qui sont couverte'.; d'un épithélium cilié, c'est-à-dire d'une couche de cellules petites pressées les unes à côté d-?-; . utïes. et chacune portant à son extrémit-.': libre des cils ..:ontinue!!ciw:nt en mou\'ement. Les vibrations de ces cils ressemblent essentiellement à celles des monades qui \·ivent d;:u~s les couloirs des t!ponges. d, de 111~111e que l'action co111binécde ces n10:1a_:esspongiaires ciliée.; pom,,e le courant aqueux. l'action combiné.:! de ces cellules épithéliales L:li~èS pousse en a\·ant I;::sécrdion nn:quct:se qui les recouH<::. Sïl fallait une nom·elle preu\'e que ces cellules épith..:liales possèdent une \'ie :r.t'i·.-iduelle. nous la trouverions dans ce fait que. !orsqu·elles :,Ont ddachée: et placées dan:; un fluide. elles "se mcu,·ent a\'e..: une rapiditt: CL.nsid<!rable pendant quelque temps. i.i. l'aide de:c-\'ibr~!tion:, c0ntinues t:es cils dont elles sont pourvues. " " A \Otr qu'un organisme \'Îvant ordi11:1iï..:peut être regardé comme une .1.\t;on d'unités qui ,·i,·cnt d'une vie inJividuel!e. et dont un grand non!·:·c sont fort indépendantes. nous re..:onn:litrons quïl est bien ,-r.ü qu'on peut regarder une nation d'êtres humains co111111eun organisme. " La n:l.1tion qui unit la ,·ie des unités~, celle de l'agrégat. pr0sente encore un caractère commun aux deux \'ies. Une ..:atastrophe peut détruire en un moment la \'ie de l'agrégat sans détruire celle de toutes ses unités; et d'autre part. s1 nulle catastrophe ne vient l'abréger. la ne de l'agrt~at dé})asse immen:::ément en longueur b d.ur(e de la ,·ie de ses unités. ~ ,. Chez un :rnimal à sang froid, les cellules ciliées accomplissent leurs mouvements a\·ec une régularité parfaite longtemps après que l'être\ ivant auquel elles appartenaient a cessé de se mouvoir: les fibres musculaires conscn·ent la faculté de se contracter par l'effet cl' une sti-

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