La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

L'UTOPIE DANS 1."IIISTOIRF-. sans conteste, le sceptre de l'Occident et sa puissance.; est telle qu'on peutle considérer comme l'arbitre du monde. Quels actes splendides que de bienfaisantes réformesvont illustrer son règne! On sait hélas! ce qu'il en fut. L'infinie bonté personnelle de MarcAurèle tua en lui le réformateur. Il eut fallut un héros. on n'avait qu'un saint. C'est ce manque de virilité politique que l" U,bro11ie reproche vivement à Marc-Aurèle et il rappelle la tàche qui s'imposait. Il eut fallut. dit-il en substance. mener de front la moralisation de libération d'adoucissement des mœurs d'éducation et de bien-être, seul moyen de refouler l'intolérante religion qui menaçait d'emporter. Pour cela il fallait tout à la fois abandonner des conquêtes impolitiques et renoncer à agrandir cet empire déjà colossal ; protéger les esclaves, les relever peu à peu, pousser à leur alrranchissement; élever la condition des femmes. leur donner des droits de succession, comme le fit Hadrien. ( Antonin alla jusqu'à ôter au mari infidèle le droit d'accuser sa femme d'adultère) : augmenter les institutions de bienfaisance et les sentiments d'humanité. comme le fit Marc-Aurèle; céder les terres incultes aux cultivateurs. avec exemption d'impôt, comme le fit Pertinax. changer l'esclavage en colonnat et transformer l'armée prétorienne, comme l'essayèrent bien des empereurs. Il fallait surtout donner à ces mesures isolées une force lÏensèmble et la puissance d'efforts continus, poursuivre sans relàche ce que l'on essaya vingt fois au hasaïd, et, pour ne jamais abandonner l'œuvre d"affranchissement intellectuel. moral et social, en remettre la direction aux intéressés eux-mèmes: rétablir la République. enfin apres une dictature temporaire nécessaire à la préparation des esprits. à la suppression des obstacles, à l'exercice des libertés. " En général les grandes mesures sont préparées par les grands "entiments et exécut~es par les grands intérds. ,, Marc-Aurele n'était pas l'homme de cette n!\·olution nécessaire. il avait encore outré les doctrines de ses maitres. notamment celles d'Epicthète octogénaire et transporté sur le trône la vertu du résigné: S11pportc, n&slic11s-foi . 1 ( 1) ( 1) Pour donn~r une id~~ de l'infinie, mais passive bont1: de Man:-Aurëlt:. un extr:ii t de ses A·11s,:,·s era ici bien à sa place : « Celui-lit est d'accord avec les dieux. qui leur montre une ùme contente de leurs décrets. « Tout ce qui te convient au monde me convient. rien n'est tardif ou prématuré pour moi, qui est de saison pour toi. Tout m·est fruit dans cc que tes saisons :ipportent, o nature. Tout vient de toi, est-ce en toi. Celui-ci tlisai t : 0 chère cité de Cecrops ! Ne puis-je dire : 0 chere ci té de Jupiter! « Fixe là-dessus ta pensée, ô Marc-Aurcle, et accomplis ce qu'exige notre

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