L'UTOPIE DANS 1.·HISTOIRE L'UTOPIEDANSL'HISTOIRE (l} La faim et l'amour mènent le mond~, a dit Schiller; il est certain que la satisfaction du premier de ces besoins, est la condition absolue de la vie individuelle et que l'obéissance aux lois du second, peut seule a:;surer la perpétuation des espèces, et constitue en même temps la 1 plus irrésistible manifestation de cette Volo1itr de vÎ'l.Hc, tant blàmée par les pessimistes, et qui n'en prévaut pas moins, en vertu des lois profondes de l'être. Certes, les Schopenhauer, les Leopardi, les Hartmann, les Bunsen, les Thiaudière et autres n'ont pas manqué de démontrer le plus doctement du monde et avec une irrésistible éloquence qu'une malédiction semble peser sur la nature des choses qui a pour loi gé- ( 1) L'aLiteLirmettait cette étLide en ch:mtier qLiand le terrassa la cruelle d irréparable maladie qLii, depLiis hLiit mois surtoLit, l'étreint inexorablement. L'essai de reprise ne veut donc pas dire malheLireusement convalescence, m:iis simplement quelqLies rares moments de bien incomplète accalmie dont onprofite avec LIilebien compréhensible avidité. CelLii qLii, depLiis de longs mois, vit dans le voisinage de la mort. conn:1it le prix dLI temps, et il profite même des minutes qLI'il peut arracher :1 la stérilisante doLileLir. ~,e si maintenant les lignes qLii vont sLiivre sentent trop la veilleLise du malade, les lecteurs voudront bien excuser en faveur de la bonne intention. Au reste l'effort serait devenu exœssif et, cédant :1d'amicales instances, je l'ai interrompu. Je manquerais à mon devoir si, à cette pla~e. je ne remerciais chaleureusement les nombreux :imis qui, pendant ces terribles mois ne m'ont pas été ménagers de leurs temoignages d'affection et de dévoLiement. De longtemps encore, je ne pourr:ii pas leur répondre directement, c:ir tel est mon affaiblissement et si ménager je dois ètre de mon très peLIde force que je ne sais quand je poLirrai reprendre ma correspondance. Mais qu'ils sachent bien que la calamité et la douleur n'ont dess~ché aucune source d'amitié en moi. Pour mes confrères de la presse politiqLie qui m'ont donné de si fréquentes preuves d'intérêt et de sympathie, mon remerciement doit se mêler de reconnaissance. Ils m'ont traité avec Line faveur bien au-dessus de mes mérites; j'en ai jugé, le pied sur un autre rivage et à un point de vue qui ne permet pas que l'on se trompe sur soi-même; mais ce qui m'est surtout cher, ce sont les manifestations de sympathies si nombreuses, soLivent si inattendues et dont je garde au fond du cœur l'affectueux souvenir. 9
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