1 10 LA REVUE SOCIALISTE Appd à tous les orclrt's. - Toi, paysan, le percepteur arrachera la dernière vache à ton étable. Toi, artisan, boucle ton sac, s'i I te reste quelque chose à y mettre, va errer le long des grandes routes. Toi, ouvrier industriel, ne te plains pas si tu vois ta famille affamée. Le seul parti qui est décidé à repousser tout impôt nouveau et aussi à alléger les charges publiques, c'est le parti socialiste. Nous voulons rendre le peuple plus sain et plus fort par une meilleure alimentation; ainsi nous voulons fortifier l'armée popul:J.ire, affranchie d'une obéiss:rnce aveugle, mais toujours prête à verser 1:i dernière goutte de son sang pour protéger les droits du peuple, le foyer et la famille. Nous voulons une armée commandée par de bons citoyens instruits des connaissances techniques, et non par une classe privilégiée d'officiers. Avec une telle armée, un peuple n'a à craindre aucun ennemi, ni le Russe avide de conquêtes, ni les peuples libres et civilisés, :i.vec qui toute raison de conflit aura cessé, en même temps que la politique d'excitation des capita Iistes. Le socialisme offre au peuple allemand l'unique espoir d'affranchissement et de liberté. Faut-il plus de soldats et plus d'impôts? Celui qui songera à son pays, à lui-même, à sa famille, à son avenir, celui-là ~e fer:i. représenter par un socialiste. Le Socialis111eagraire en Bavihe. - Ci-dessous, extrait du Journal des Débats, un interview de Vollmar sur l'état d'àme du paysan : C'est la b:i.sse Bavière qui représente le plus vivement depuis quelques mois, le mouvement protest:i.taire des campagnes. Ce mécontentement a cieux façons de s'exprimer : d'abord passif, il passe bientôt à l'acte; las de murmurer, les paysans se disposent à agir. Ils reprochent surtout à leurs représentants (et par suite _aux prêtres, qui en so:,t pour eux comme le prolongement) de ne s'occuper que d'une manière insuffisante des intérêts agricoles. « Ces messieurs, disent-ils, font de la haute politique, mais ne s'inquiètent pas des infimes détails qui nous concernent. Ce ne sont pas de tels députés qu'il nous faut, mais bien des gens simples, des agrirnlteurs, qui, ayant avec nous un perpétuel contact, sauront nos besoins et prendront notre défense. ' Cet éveil du sentiment personnel parmi la population cles•campagnes a une suite : les paysans se trouvent par là amenés :i se révolter contre les usuriers qui, à leur sens les exploitent; et ainsi se fait sentir parmi eux un courant d'antisémitisme. li est tout naturelqu'ilss'enprennent cl'aborclàtousceux qui leur semblent la cause immédiate de leur misère et du mauvais ét:i.t de tout ce qui touche à l'agriculture. Ainsi donc, les paysans de l'Allemagne du Sud, s'en prennent à trois classes de gens : aux usuriers, dont ils se croient victimes, aux prêtres, qui ont dirigé leurs votes, aux députés du centre, qui ne les représentent pas comme ils le désireraient. De là, le mouvement très nouveau et très intéressant qui s'est fait sentir depuis quelque temps dans cette partie de l'Allemagne et qu'on désigne sous. le nom de Ba11u11bewt!g1111g (mouvement des paysans).
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