MOUVEMENT SOCIAL Voici maintenant le nnnifeste électoral qui avait ét~ lanc~ par les socialistes : Fatak 11éc.ssilc:. -Nous ne voulons p:is non plus laisser l'Allemagne sans défense. Car une politique étroite et sans conscience a suscité contre l' Allemagne la h:iine des peuples. Elle nous a, hélas! brouillés avec no; voisins de l'Ouest, de telle sorte que chez eux la voix de la raison et l'esprit de fraternité ne peuvent que lentement pénétrer à l'Est, un despote est prêt à profiter de la faiblesse des voisins pour augmenter son autorité néfaste. Mais de cette nécessité de défense nous ne voulons pas qu'on fasse un prétexte pour agr::indir encore la plaie de notre temps, l'augmentation des armées au prix de sacrifices sans cesse renaissants. Les armées permanentes ressemblent à une sangsue géante qui suce le sang des peuples, ou mieux, à un mal contagieux qui dévore leur moelle. Des soldats! encore des soldats! crie ce Maloch affamé. Les millions et les milliard arr::ichés à la sueur des peuples disparaissent dans sa gueule sans fond. D011111wg, au travail. - De 1872 à 1892, on a dépensé pour les armées 1 1 milliards ooo millions de 111:uks. C'est le s::tlaire, à raison de 2 marks par jour et p:ir tète, de 10 millions 308,636 ouvriers pendant un an. Chaque année, 966,416 travailleurs se trouvent ainsi frustrés d'une somme équivalente lt leur salaire. Comment les temps sont-ils si mauvais pour l'épargne de chacun? C'est que un demi-million d'hommes est pris au travail par l'armée et qu'un million d'autres doit travailler à les entretenir. Et cel::t ir::t de mal en pis. On répond qu'on peut ètre exposé à ètre seuls ponr faire face à la France et à la Russie. Alors à quoi sert la triple alliance. Si elle ne sert pas, on aura beau augmenter l'armée, elle ne sera jamais égale à celles de la France et de la Russie réunies. La seule défense sérieuse contre ces armées fantastiques ser:iit une meilleure org::inisation et surtout une mei lie ure répartition des ch::irges publiques. Or, on fait le contraire et on augmente pour l'Allemagne le; chances d'infériorité. L.-s No11ï.•,·.111x impôts. - Pour faire face à ces dépenses, on ne peut augmenter que les contributions indirectes. Or, ce genre d'impôt n'est productif que s'il fr::tppe des objets de première nécessité. Alors, le pauvre p:iye la même somme que le riche: donc, proportionnellement, il paye beaucoup plus. On propose trois nouveaux impôts dont deux sur la consommation, un sur le commerce. Peut-on demander :i.u pays de supporter de telles charges, dont la nécessité n'est p::ts démontrée? Nous répondrons un non én-::rgique. La mesure est comble. L'Allemagne a donné assez de sang et d'argent au Moloch de l'armée active. Pas un soldat, pas un denier de plus! Aux électeurs de décider,
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