CHRONIQUES SOCIALES 97 tenté d'abord de prendre les hommes. Mais ensuite ce fut le tour des femmes et des enfants. Le nombre de ces derniers alla sans ces!'.e (lll augmentant. Dans le rapport adressé par ),!. Herbette en 1890, on en comptait alors vingt-trois mille de moius de quatorze ans, occupés par la grande in·dnstrie. Quant à l'industrie domestique, elle a presque complètement disparu. On trouve de moins en moins de pC'tits patrons, d"artisans. C'esL la centralisation exressive, avec ses conséquences désastreuses pour le bien-être, pour lïndépendance et pour la moralité du travailleur. La populalion ploie sous une misère écrasante. Les salaires sont souvent dérisoires. Dans certaines contrées, le gain d'un homme descend au-dessous de 8 fr. 75 par semaine, 'pour des journées de douze ,l quatorze heures. Les femmes n'arrivent qu'exccptionncllement à toucher un mark (1 fr. 25). Ajoutez à cela des impôts C'xorbitants, des charges de famille rendues plus lourdes par cette fécondité que nous admirons tant chez nos voisins. Ce n'est pas sans raison que l'attention de Guillaume fut appelée, d'une façon pressante, sur la situation des travailleurs de son empire. Les fameux rescrit du moi~ de février 1890 firent luire des espéranl!es bientôt décues; et le résultat fut de déchainer l'C>spritde révolte. Ici comme partout, c'est le forçat de la mine qui osa le premier exprimer son mécontentement. « Qu'on tire dessus 1 » fut la réponse impériale, Les mineurs reçurent cette menace comme il convenait. A la coalition des baïonnettes, ils opposèrent celles des forces ouvrièr('s. L'année qui suivit les rescrits, le congrès de Bochum réunissait en assemblée générale les délégués de tous les mineur'> allemands. La région de la Rhur, la Saxe, la Silésie, les bassins de la Wurm et de la Sarre étaient représentés. On comptait 274 délégués, mandataires de 166 fosses. Un programme commun fut arrêté;- il formulait entre autres revendications: l'équipe de huit heures et la hausse du taux des salaires en rapport avee la hausse des taux des profits. Le mouvement fut tP.l que tous les candidats, catholiques ou libfraux, qui se présentaient en ce moment aux suffrages des électeurs, se virent obligés d'avaler ce program:ne. Est-il besoin d'ajouter que le candidat élu, M. Mullensiefen, un uafionalIibéral, s'empressa dès son arrivée au Reichetag, d'oublier &es serments pour se joindre aux représentants des intérêts de la grande industrie? 1 , .
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