La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

tll LA REVUE SOCI.\LISTE Il sC' dil alon : les gens de Pontoise rctardeut sur leur sit'.!cle.LC'ur codC'date de l'ère barbare. A Paris, nous trouYerons des jugC's. :'.lais Paris donna raison à Pontoise, et le malheureux eu fut pour ses dix mois de prison; soixante-quinze jours par tète de l<'.•gumC'cs·,est le taux dans la Ville-Lumière comme à Fouillyles-Oies. Il est \Tai qu'il avait soixaute-dix ans et qu'il se mourait de faiblC'ssC'et de besoin. li n·arnit qu'à s'adresser à !'Assistance, noùs fcra-t-on observrr. Qu'est-CC'que cela, !'Assistance? Un personnage de comédie, qui 11\•stjamais là pour vous recevoir ou qui arrive généralemen l trop tant. El le a clrs hospices à la porle desq nels la misèrc et la maladie font queue pour entrrr. Un vieillard a dix fois le temps de succomber avant quP son tour soit venu. L'autre jour. un malade a dù mourir pour pouvoir trouver place - à l"amphilhéùtre. Yoilù trois semaines que le froid sévit avec une rigueur inaccoutumée. C'est un grand charme pour les patineurs. Les imaginations se sont aussitot mises en mouvement pour tiret' profit d<' cette occasion inespérée. On a projeté des fêtes étourdissantC's sur lp;; lacs du Eois de Boulogne. Il n·a pas manqué de braves gens pour se faire celle réflexion, que le froid n·C':.l pas profitable ù tout le monde, qu'aux sons joyC'nx des orch<•slrC'spourraient se mêler des plaintes d'élgoni ·anls. :'.lais le personnage dont le concours aurait pu <\tre parliculièrC'mC'nt ellicace, l'administration, est demeuré inerte et i11dillërrnl. Irautre8 années, on avait allumé sur les places des brnseros qui pou rnie11t rrndre un peu de chaleur aux membres engourdis. On avait i11~lit11éde nouveaux refuges où les misérables étaient assuré,; d'n11!!ile et d'un morceau de pain. CellP anu<'.·c,je ue ,·ois rirn de tout cela. Un confri·re, qui est aussi conseiller municipal, nous assure qne ce sr rait << la plus grave faute de rouvrir dïmmC'nses refngC's de nnit C'ommcrelui du Champ-de-:\Iars. Pourquoi'? Parce que ce sC'rait attirer ù Paris une nuée de mciidiants C'tde vagabonds VC'llll'>dt• tous les points de la France et de l'étranger.>> On a donc voulu être « plus sage et plus rationnel >>.Sur la proposition dC' :'II. Georges Berry, qui avait pris en main la ransr cl<'shi',teliers-logeurs, on décida de suppléer aux asiles par c!C'sbon;; dC'logC'ment. Si l'administration avait procédl'.•de celle manièn• <'Il 1891, au lieu de 123,21G francs pour l73,38i nuits d'hospitalité, la dépense n'aurait été que de il.i51 fr. 80.

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