La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

708 LA REVUE SOCIALISTE l'n~ fois cntr{>edans cette voix, l'aristocratie se vit forcée ùe perfectionner le syst/>me an fur etit mesure que l'oppression devenait plus lourJe et plus écrasante. La simplicité, l'ignorance et le besoin des malheureux de s'armer contre le désespoir par une espérance quelconque. ne pouYaient pas marn1uer d'apporter à lïmpo~tur<l lc sccour8 ù'tme foule d'illuminés qui, durant les longs siècles <l'obscurité précédant l'invention de l'imprimerie, ne saYaicnt décou n·ir à l11ot•izon terrestre aucune lueur consolatrice. Dans les ri•publiques de la Grèce et dans celle ùe Rome, où le peuple participait encore an pouYoir législatif et où il devait être porté à admettre une certaine raison ù'Hre des institutions, même lor,;qu'il en souffrait, on ne frappait pas encore son imagination par la concentration de toute force et de touto grandeur dans un seul être surnatnrd dont la volonté impénétrable règle les destinées des pauvreR humains. (;ette rn\cessité apparaü,sait sen \ornent lorsque le peuple, p::irl'av<!nement de l'empire ùes Césars, fut dépouillé de ses derniers droits politiques et réduit à la plus dure des conditions. Plus le despotisme est complet et terrible, plus il a soin de grandir le Dieu auquel il en renvoie la responsabilité, et qui, s'il doit sanctionner, <l'un côté, un droit spoliateur dont il venge les violations par des peines horribles et éternelles. de l'autre côté doit consoler les mas,ses par la promesse d'une vie future et par la jouissance de biens beaucoup plus enviables que tous ceux qu'elles pourraient, ici bas, couver du regard. :i\Iaistoute société qui cherche la sanction du droit dans une vie suprême se met à la merci d€'s exploiteurs de nos religions lJOsiti,·es qui, seule,;, ont l'avantage de pouvoir se dire, par la révélation, confidentes de la volonté de Dieu. C'est donc le gardien de cette révélation, lïntermédiaire entre l'homme et la providence, c'est le pr.'.:tre enfin qui devient nécessairement le juge suprême de toute morale, de tout droit, le tout puissant et unique législateur du genre humain. On sait avec quelle inllexibilité, digne d'une meilleure cause, les papes ont voulu fixer cette dernière conséquence de tout régime aristocratique; mais depuis que Guttenberg a donné an monde l'instrument le plus puissant ùe l'action sociale, l'influence du prêtre. après avoir été sur le point d'engloutir, et la souveraineté nationale, et le pou voir ci vil en entier, a diminué graduellement par le progrès de l'idée démocratique qui culmine nécessairement dans la législation directe par le peuple. L'avènement de cette dernière peut seul détrôner la sanction fausse et insoutenable du droit par les religions positives,sanction à défaut de laquelle les institutions aristocratiques seraient plus facile à r,mver:ier. Quant an libéralisme. il ne peut que l'ébranler;

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