70 LA REVUE SOCIALISTE s'il n'est pas mî1 par un mobile supérieur de devoir que le marxisme méprise en théorie parce que ce mobile ne puise pas excl usi \·ement, comme le prétendent les Marxistes, sa source dans « l'intérêt du ventre ». « Le dévouement, l'esprit d'abnégation et de sacrifice, les hautes vertus morales, facteurs indéniables du progrès humain que le socialisme est appelé à faire entrer clans un cycle nouveau, telle est donc la lacune du socialisme marxiste contemporain.» E1wi,t1géeaYec ces réserves, la théorie de la lutte des classes, confirmée par l'étude de l'ethnographie comparée des races hmnaines, depuis l'aurore de l'humanité jusqu'à notre époque, a puis~anuncnt contribué à séparer sur le terrain politique,, les intérêts prolétariens des intérêts capitalistes, déjà nettement tranchés sur le terrain économique. Une fois que dans tous les pays à civilisation bourgeoise la séparation des intérêts politiques sera aussi complète que celle des intérêts économiques, la transformation sociale éclatera fatalement. C'est ce qu·explique éloquemment Malon, dans son Précis, lorsqu'il montre que les adeptes veulent - si cette expression peut s'employer en pareil cas - marier l'idéalisme des socialistes franç·ais de la première moitié du XIX• siècle avec le réalisme de l'école allemande si bien personnifié par Karl Marx et ses disciples de France, Jules Guesde, Paul Lafargue et Gabriel Deville. C'est là la pure méthode scientifique dont le relativisme est opposé à toute idée absolue, qu'elle s'appelle le communisme de Cabet ou le communisme de Marx. Entre ces deux communismes, les intégralistes ou si l'on préfère les réjonnistes adoptent un juste-milieu. Ils sont donc dans la bonne voie car ils marchent d'accord avec les principes de la philosophie matérialiste. IV. Mais il ne suffit pas de détruire le régime capitaliste, il faut savoir comment le remplacer. Le regretté César De Paepe a permis cette synthèse en élaborant la théorie des services publics dont voici l'économie: On sait que l'arrivée du Tiers-Etat au pouvoir fit disparaître les corporations et la réglementation du travail. La concurrence se donna libre carrière. Après avoir au début produit des résultats avantageux pour le public, elle entraîna progressivement la sophistication des marchandises, le rançonnement des consommateurs, l'exploitation éhontée du salarié, l'apparition des société anonymes et le monopole. L'utilité de transformer le mo-
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