La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

088 LA REVUE SOCIALISTE L'ORGANISAIOTN CORPORATIVE ETLAPRESSESOCIALISTE L"hi,;toire de cette fin de siècle évolue autour d'une tendance qu'aucune puissance humaine ne saurait empêcher : la concentration capitaliste et la concenttation des forces ouvrières. En face de l'armée du capital qui dispose à son gré des pouvoir,; publics, soldats, police, magistrature, parlement, etc., se dresse l'armée du travail qui, à défaut de fusils. de bagnes, de codes, tient clans ses mains l'existence même du pays et peut, du fait de sa volonté, arrêter net toute la machine sociale. Des régiments à elle, portent des noms significatifs: boulangers, bouchers, cordonniers, mineurs, tisseurs et tant d'autres. Une loi économique, plus inexorable que celles des conseils de guerre, en assure et en étend chaque jour Je recrutement; les prescriptions du besoin, plus rigoureuses que celles des états-majors militaires, en préparent la mobilisation. Ses cadres se perfectionnent et ses effectifs augmentent à vue d'œil. Ce n'est plus seulement l'atelier, l'usine, la mine, qui entrent en ligne. Un congrès récent nous a montré les travailleurs des chemin8 de fer s'avançant en masses profondes. Le btireau, à son tour, s'organise et ses syndicats « préparent l'entente entre le travaillE'ur manuel et le travailleur employé)>. Le principe de solidarité devant l'ennemi commun pénètre dans les carrières de l'art et de l'enseignement et gagnera bientôt toutes les carrières libéralE's. Ce qui se passe en ce moment dans le monde des écoles est significatif. Qui d'entre nous n'a salué avec joie l'éloquent manifeste des étudiants socialistes, signal d'un réveil longtemps attendu et symptôme caractéristique de la tendance universelle:'

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==