MOUVEMENT SOCIAL ti:11 Vinrent ensuite de vigouremies paroles de protestation contre le mouvement néo-mystique et contre le diletrnntirnw de pOSl'des suivants de Voglié, qui tàchent d'adapter an goût d'aujourd'hui, en l'ornant à la russe, le pittoresque défraichi des Jf((rfyrs et du Oé11il' du Cl11·i.~/ir11tis11œ, et proposent comme idéal « l'art affriolant des joies divines de l'absurde,,. Ainsi qu'il était tout naturel, ;\L .~ulard a longuement parlé « ùe cette histoire de la Révolution, dont l'étude est indispen,;ahle à l'école du citoyen >>. Il ne s'agit pas. a-t-il dit. <le plagier la Révolution, d'arborer le gilet de Robesp1e1Teou le mourhoir de tète de ~Jarat. Laissons les formes r~volutionna11·cs qui sont mortes; inspirons-nous de l'esprit qui est vivant. Et où trou,·c1·ons-aous cet esprit. Dans la <léclaration des droits, dans les principes de li89. J<' sais bien que c'est la molle aujourd'hui de se moquer de ces principes. Que vous dit-elle dans rette déclaration, hale ou bafvuée ? "lie ,·ous dit: soyez libres, soyez vos maitres. pense, pa1·vous-mêmes. faites votre destini'e, soy.,z ritoyens. soyez hommes. On a osé errire que la jeunesse française ~tait devenue inditfèrente et dérlaigneuse à l'(lgard des principes de lî89. Je suis sur, au contraire, que vous ferez de ces principes la base de vos libres recherches, politiques et sociales. • • ~ÛOe~-vÔusd· e· cc~x ·qui re"\iroéhènt .à 1~llévolution' de· n'~voir été 0 qu~ ,; triomphe <lel'i11dividualisme. 1 s injurient l'hi,toire. Qu'a fait la Révolution? Elle a affranchi les l:<'rançais,roqis et ùme ; elle a proclamé l'homme égal à l'homme : elle a libéré la ronscienre de chacun tles servitudes rdigieuses. On lui reprorhe de n'avoi1· pas •·~,olu la question sociale. <le n'avoir été qu'une révolution politique, de n'nvrit· songé qu'à substituer une forme de gouvernement à une autre. Au contraire, par la destruction de la féorlalité, elle a changé la condition des personnes et des choses, elle a mis en circulation les propriét<'s détenues par quelques pri\·ilégiés. elle a ~tnbh J't<galité dans la famille. elle a <lisruté ou forn1ulé les questions éronomiques, elle a tranché ou résolu les problèmes sociaux que les circonstances lu: imposaient. Ceux 11u'elle ne trancha pas. ceux qui ne furent posés qu'un demi-siècle plus tard par la transformation dans lïndu~t• ie, reux qui viennent des conditions nouv~lles des rapports du capital èt du salariat, est-ce qu'on avait à l~s résoudre à la fin <luXVIII' si<'rle? bst-<'e que ce n'eut pas été une chimère.pour les hommes de liR!) et de tï!l3 de prétendre à réglet· par avanre u11 état de choses, dont les commencements ne s'annonçaient même pas ? Enfin, <levant cette assemblée bourgeoise, ;\L Aulard a osé flétrir l'individualisme économique et« l'esprit bourgeois J>. Disrute1· la propriét;!, r'est un crime. Qui parle ainsi? La religion? Non : c'est la bourgeoisie. A la 1·igueur elle laisse discuter Dieu, mais les conditions de l'héritage, telles qu'on les voit fixées aujourd'hui, forment pour elle un dogme plus sacré que les dogmes d';!glise. Je ne vous apporte pas, et pour causP, un plan d'organisation nouvelle de la r,ropriété. Je vous dis seulement: Etudiez cette question librement, S<'ient1flquement, à la lumière de l'histoire et de la raison. Surtout, n~ l'étudie-l pas dans uu esprit bourgeois. Je prévois ce qu'on va me dire: esprit bourgeois, bourgeoisie, que signifient ces mots? Ln Révolution n'a-t-elle pas supprime les classes? vui, elle les a supprimées dans la loi; elle ne les a pas supprimées dans les mœurs. Ceux qui possèdent s'imaginent former une caste, une aristonatie et <''est pour e.x une idée horrible que c11qu'ils ont puisse un jour sortir de leur famille. lis disent bien aux autt·es, comme ftu Guizot : • Enrichissez-vous, rhacnn peut devenir bourgeois "• mais ce n'est là qu'un ironique conseil <le satisfaits. Or, èt1·e satisfait de re qui est, quand on a ~eul les avantag~s, être satisfait de l'organisation de la propriété, parce qu'on est p1·op1'Ïêtaire,croire que
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