La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

REVUE DES REVUES res . .\1. Pareto constate que ce contrôle a été à peu près nul et que le public n'a jamais connu le véritable état de maisons dr. -crédit dont les bilans publiés étaieut faux d'un bout à !"autre . .'.lais nous n·avons ni le temps ni l'espaee n(•cessaire pour traiter, dans cette rapide rerne de pres e la grosse question soulevée par notre confrère d'outre-!\Ionts. Nom, nous bornerons -donc à réwmer en quelques lignes son arlicle, plein de faits intéressants. Le travail de :\I. Pareto est une analyse critique du rapport <le !'if. Fina\i sur les Banques. Le sénateur du roi Humbert s'est efforcé de pallier certaines responsabilités et en général d'atténuer la gravité du désastre financier et moral révélé par l"enquNe. Sur bien des points, M. Pareto rectifie ou complète, en s'appuyant sur le texte même du rapport qu'il analyse. J"ai dit que c·était une page d'histoire politique et administrative qu'il avait écrite. En effet, cc qui ressort le plus lumincusemen t du rapport, atténué de M. Fina li, c'est que depuis plus de vingt ans, tous les ministres qui se sont succédé au pouvoir ont pratiqu(, des malversations flnancièrC's nombreu es au moyen des bauq ues d'émission dont ils protégeaient le fonctionnement extra-légal. Ces malversations n·ont rien à voir, évi- -demment, avec la théorie qui afllrme 1·excellence du contrùle de l'Etat. En réalité, cc contrôle n'existait pas en Italie depuis plus de vingt ans. Déjà, en 1875, un rapport signalait les pertes considérables subies par la Banque romaine, contrainte de réduire la valeur de certains de ses billC'tsde 50 et même 00 pour cent. En 1870, un antre rapJJOrtadressé à la Chambre, par .\I. Magliani, disait que la situation était telle, qu'elle devait aboutir,\ une catastrophe, si on ne prenait des mesures urgentes. Dix ans après, seulement, en 1889, le gouvernement fit procédC'r à une enquète destinée, bien moins à éclairer le public, qu'à permPttre au pouvoir de sonder le fond de l'abime financier creusé de ses p1·opres mains. Le rapporteur était un homme de cœur et de courage : le sénateur Alvisi. Il vit le mal <·t le dbcrivii sans rien omettre de ses -0bservaiions, dans un rapport qui fut tenu secret par le ministère. li fallut l'acuité de la crise survenue à la fin de l'année 1892, les tenaces prote,;tations de notre collaborateur Colajanni, pour briser le triple airain du silence et faire connaitre au public l'état exact des banques d'émission. Quelques chiffres donneront une idée de la situation et de l'éte1Jdue des malversations commises : Le sénateur Finali avoue qu'une somme de 133 millions en chiffre:; ronds, est représentée par des billets en souffrance dans

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