SALON8 1893 GOl De Frère : une œuvre d'une tristesse navrante', bien rendue dans dPs tons grisàtres. Un puisatier, blessé, est remonté des entrailles de la terre ; il a craint de mourir loin de Ra femme, loin de ses petits; qui descendront à leur tour dans les ténèbres, aussitôt que la mère aura essuyé sur leurs lèvres, la dernière goutte de lait. L'expression navrée de l'homme, est bien rendue, un bon gros cheval vigoureux, bien planté et bien dessiné, se profile der1~·e le groupe. Xous remarquons du pastelliste Gilbert : un raccourci de femme; d'un antre une petite fille nue et charmante, qui tient une rose rouge. De Bouguereau: Ojfmndes c),l'Amow·. Des jeunes femmes d'une beauté trop uniforme et d'un sang un peu pauvre, offrent à l'Amour avec une grâce réelle, des fleurs, des tourterelles et un gentil petit mouton blanc. L'amour est frais et rose comme il convient. L'ensemble très agréable à regarder, suggère des idées calmes et paisibles. Passons à la sculpture : La JJ11se de la Source de Jean Hugues : une adolescente au corps d'un modèle pur, est assise au bord d'une source: la jeunesse robuste s'unit chez elle àla grâce des mouvements et à la justesse des proportions. Un geste de la jambe, qui pourrait facilement devenir exagéré, est sauvé par l'heureuse harmonie des lignes ; c'est une œuvre simple et gracieuse. Le Pres.çoir, d'un américain, Shields-Clarke, l'Ed11catio11dn 11e11ple, de Rougeron, Le Fauchl'u r de Guglielmo Lange, mettent en lumière le quall'ièmP état. Xous remarquons avec plaisir, que ces œuvres fortes portent bonheur à leurs auteurs, qui trouvent dans le peuple des modèles bien constitués: le labeur physique fait les corps robustes et les esprit8 sains, a dit le poète. Avis aux classes dirigeantes; quand elles pratiqueront pour leur co111pteles trois hnit, leur anatomie régénérée n'aura plus cet aspect d'outre pleine ou d'échalas hidé, qui gêne la vue des honnêtes gens à la section de _peinture. Trop d'accessoires dans les œuvres citées . .A signaler de Captier : Escletl'e et /111·ie vell!Jf'1'essf'. La furie vengeresse sonfle la révolte an cœur de l'esclave, qui Sil redresse le poignard à la main, le corps frémissant de fureur, prêt à tout, pour conquérir la liberté. C'est une œuvre vigoureuse et saine. De Falguière : Une poésil' hél-o'ique, un peu triviale ; dont la jambe gauche bat la campagne, tandis que le bras du même côté, tient assez négligemment une lyre ltéroïqul' ! dit le livret. Le mouvement d'ensemble est hardi et bien venu. L:t tête n'est point féminine, mais l'héroïsme n'a pas de sexe. De Panonica Pierre : Une petite 1·1,[igieuse, tdstement assise,
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==