La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

SALONS 1893 599 s'harmonise avec le caractère féroce des forbans qui montent une barque sur la côte barbaresque; la touche très vigoureuse, presque grossière, convient aux personnages ; le ton de la mer est d'un bleu sombre, aux profondeurs traversées par un soleil cru qui éclaire et enflamme en quelque sorte les hommes, la barque, l'étendue et un village mauresque aux vives arêtes. C'est une œuvre apsolument vibrante, qui paraît étonnée de se trouver aux Champs,lysées ; les étrangers profitent de nos découvertes sur la couleur. Avis aux jeunes peintres. De Bu land ; Riches.sPclP la France : et en exergue : (ceux qui ne se mettent pas en grêve). Une série de pauvres diables, éclairés d'un jour blafard, apportent leur épargne au Crédit National; ils feraient bien mieux de se payer des mois de nourrice, ces paunes bougres, car !'Epargne ne les engraisse pas: l'ouvrier, le petit employé qui veulent mettre quelques sous de côté, sont forcés de prendre sur le nécessaire; de se priver et de priver les leurs ; la combinaison qui consiste à sacrifier le présent et la santé à un avenir douteux, est-elle heureuse r Cette toile manque de vie ; les détails sont observés. De F. Lamy : .du Pays des Fleurs: On pourrait appeler tout aussi justement cette œune aimable .du Pays dn Bleu, la patrie par excellence, des jeunes felllmes qui habitent cette région un peu idéale, mais fraîche et reposante. Des nymphes d'une gràce vigoureuse s'ébattent au milieu des fleurs dans un paysage bleuàtre ; leurs mouvements sont justes et variés ; les premiers plans paraissent plus soignés que les derniers. L'ensemble est agréable. Nous nous arrêtons hypnotisés devant le portrait du J,Ionsieur de Paris des chiens : ùe Lozé le canicide ; assis dans un bon fauteuil, la tête correcte et bourgeoise, ce criminel paraît endurci; il n'a point de remords ; un baron du même auteur (Chartran) lui fait vis-à-vis, les deux font la paire ; et paraissent se gober fortement. Une œuvre touchante et délicate d'un jeune : Concours de Bébés, de Laurent Gsell ; l'enfant est présenté au jury par sa mère ; il est bien bâti, et croise ses petits pieds l'un sur l'autre, dans un mouvement juste et naturel. Sa ressemblance avec la mère et deux autres enfants plus grands; l'attention bienveillante du Jury, la sobriété des tons bruns, la façon dont l'enfant est éclairé prouvent une recherche sérieuse et classent cette œuvre à une place très honorable. Puisse-t-elle contribuer à répandre les concours de bébés, et à donner l'idée de préparer le concours. De Jacquet Henri-Léon: Un Portrait de Femme, remarquable, surtout par les yeux qui sont vivants.

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